Contraception : bientôt une pilule pour l'homme ?

Science | Publié le Lundi 20 Aout 2012 à 09:02:18 |
 
Contraception : bientôt une pilule pour l'homme ?

Deux chercheurs semblent avoir prouvé que la fabrication de spermatozoïde peut être bloquée de manière t réversible grâce à une molécule. Il pourrait s'agir d'un pas de géant fait en direction d'une pilule contraceptive masculine.

Et si la contraception orale n'était bientôt plus uniquement l'apanage des femmes ? De nombreuses fois annoncée, longtemps espérée, la pilule contraceptive masculine pourrait voire le jour d'ici quelques années. Et cela, grâce aux travaux d'une équipe de chercheur américain.

Martin Matzuk (Baylord College of Medecin, Houston) et James Bradner (Harvard Medical School, Boston) ont en effet réussi à stopper la spermatogenèse (production de spermatozoïde) de souris. Pour cela ils ont mis au point une molécule capable de bloquer une protéine essentielle dans la fabrication des gamètes et qui n'affecte pas la libido. Car c'est la toute la difficulté.

L'enjeu pour les chercheurs est de concevoir une pilule dont les effets ne soient bien sûr, pas permanents, sans séquelle pour la fertilité future, et qui n'interfère pas avec les hormones qui stimulent les envies.

Or à la différence de la fertilité féminine qui est cyclique et lié à des taux d'hormones dans l'organisme, la production de spermatozoïde est permanente. Il n'était donc pas possible de l'inhiber en jouant sur le taux de testostérone.

D'autant que les essais réalisés depuis la création de la pilule féminine en 1956 par l'Américain Gregory Pincus, ont été de cuisants échecs. La plupart des traitements à base de testostérone se sont avérés toxiques où presque irréversibles. Les chercheurs se sont donc intéressés au moindre maillon de la chaîne de réaction qui abouti à la fabrication des spermatozoïdes et ont découvert la BRDT. Cette protéine qui n'intervient que dans les testicules, participe à la recomposition des informations génétiques dans les gamètes.

Transposable chez l'homme

Martin Matzuk et James Bradner ont donc conçu JQ1, une molécule bloquant uniquement la BRDT et provoquant la stérilité par absence de spermatozoïde.

Depuis les chercheurs ont aussi essayé la BRDT sur des rats. Les résultats ont été concluant mais avant d'envisager un essai sur l'homme les scientifiques veulent encore affiner JQ1.

Pour autant les deux chercheurs sont optimistes quant à la possibilité de tenir enfin une piste très sérieuse pour fabriquer un jour une pilule contraceptive masculine. «Le JQ1 pourrait être le premier agent contraceptif qui cible de façon réversible la spermatogenèse».

Pour l'heure, ce composé n'a été testé que sur des rongeurs, mais les chercheurs estiment que la découverte devrait être transposable chez les humains étant donné les similarités entre la spermatogenèse chez la souris et l'homme. «Nous pensons que nos découvertes peuvent être complètement transposées à l'homme, offrant une stratégie novatrice et efficace pour la contraception masculine», expliquent les chercheurs.

Les études à venir devront évaluer une utilisation à plus long terme et l'éventualité, notamment, de malformations congénitales, indiquent des experts.


Triclosan, l'antibactérien qui ne vous veut pas du bien

Présent dans de nombreux produits d'hygiène personnelle comme le savon liquide, le dentifrice ou le déodorant, le triclosan, pourrait bien faire plus de mal que de bien. Selon une étude américaine, cet antibactérien déjà soupçonné d'être un perturbateur endocrinien, altérerait la fonction musculaire, et en particulier celle du muscle cardiaque.

Pour arriver à ce résultat, les chercheurs ont soumis des souris à des doses de triclosan similaires à celles rencontrées par l'homme dans sa vie quotidienne. Ils ont découvert que leurs muscles se contractaient plus difficilement. Selon les termes employés par les chercheurs, le triclosan a un effet dépresseur «vraiment spectaculaire» sur la fonction cardiaque des souris. «Chez des patients atteints d'insuffisance cardiaque, le triclosan pourrait avoir un effet significatif en raison de son utilisation massive» précisent les chercheurs dans leur rapport. De même, après 7 jours d'exposition à l'antibactérien, des poissons ont montré une réduction sensible de leur capacité à nager. D'autres études effectuées ces dernières années sur le triclosan ont révélé un risque d'augmentation des allergies et de développement d'une résistance à certains antibiotiques. L'agence américaine du médicament (FDA) avait donc décidé de réévaluer les risques de ce composant. D'autant que la FDA admet qu'il n'existe pas de preuves que le triclosan, ajouté dans les savons antibactériens «soit plus efficace en termes de santé que le savon normal et l'eau».

Commentaires Facebook