L'armée syrienne continue sa contre-attaque à Alep

Politique | Publié le Lundi 30 Juillet 2012 à 15:58:03 |
 
L'armée syrienne continue sa contre-attaque à Alep

Alors que l'armée du régime de Bachar el-Assad tente de reprendre le contrôle de la deuxième ville du pays, les rebelles syriens réclament des armes aux pays étrangers. La France, qui présidera en août le Conseil de sécurité de l'ONU, réclame une réunion d'urgence.

Depuis samedi, les combats font rage à Alep, la deuxième ville du pays, tenue par les rebelles. Les hélicoptères de l'armée syrienne ont pilonné les quartiers sud, tentant de reprendre le contrôle de cette ville considérée comme un enjeu crucial au conflit. Lundi, la situation était confuse dans le sud-ouest d'Alep, l'armée et les rebelles affirmant occuper le même quartier clé, Salaheddine. «L'armée a pris le contrôle d'une partie du quartier de Salaheddine et poursuit ses assauts», déclarait une source de sécurité à Damas. Réplique du conseil militaire rebelle d'Alep: «Nous avons repoussé un nouvel assaut contre Salaheddine dans la nuit et nous avons détruit quatre chars.»

Selon le colonel rebelle Abdel Jabbar al-Oqaidi, les troupes gouvernementales n'auraient «pas avancé d'un seul mètre» dans le poumon économique de la Syrie. Il n'était pas possible de connaître dans l'immédiat la véritable situation sur le terrain, en raison des combats qui limitent le déplacement des journalistes. Si les opposants parviennent à s'emparer d'Alep, ils auront créé de fait une «zone sécurisée» dans le Nord syrien.

 

• Les rebelles veulent des armes

Les rebelles ont affirmé lundi matin avoir pris un poste de contrôle stratégique, à Anadan. Le poste est situé à 45 kilomètres de la Turquie, entre Alep et la frontière. Son importance est vitale pour les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL), qui ont installé leur quartier général en Turquie, et qui devraient désormais pouvoir acheminer davantage de renforts et de munitions vers Alep. L'approvisionnement en armes est devenu la clé du combat. Les rebelles ont ainsi réclamé l'aide des «pays frères et amis», pour armer les membres de l'ASL, qui «combattent avec de vieilles armes». «Nous voulons des armes qui nous permettraient d'arrêter les chars et les avions de combat», a déclaré lundi Abdel Basset Sayda, le président du Conseil national syrien (CNS), la principale coalition de l'opposition.

• ONU: la France réclame une réunion d'urgence

En France, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a écarté lundi matin l'envoi d'armes aux rebelles. «Il y a des armes qui leur sont livrées, d'après les informations qu'on a, à la fois par le Qatar, l'Arabie saoudite, probablement d'autres. Mais pas nous», a-t-il affirmé sur RTL. Et d'ajouter: «Il est vrai qu'il y a un déséquilibre massif, vu que Bachar el-Assad dispose de moyens très lourds, et qu'il en profite pour massacrer et pour tuer.»

Face à l'escalade du conflit (125 morts dimanche, 20.000 depuis le début du soulèvement), Laurent Fabius a du reste réclamé la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, qui sera présidé par la France en août. Le ministre craint un massacre à Alep: «C'est un martyre que subit le peuple syrien, et le bourreau s'appelle Bachar el-Assad», a-t-il conclu.

 

• Un chef adjoint de la police syrienne déserte

Un général de brigade, chef adjoint de la police de Lattaquié, dans l'ouest de la Syrie, a déserté et a rejoint la Turquie dimanche soir, en compagnie de onze autres officiers de police. Le nombre de généraux syriens déserteurs accueillis sur le sol turc se porte désormais à 28, selon un diplomate turc.

Depuis le début du soulèvement contre le pouvoir de Bachar el-Assad en mars 2011, des centaines de militaires syriens sont passés en Turquie, où ils ont formé l'ASL. La Turquie abrite par ailleurs quelque 44.000 réfugiés, hébergés dans des camps proches de la frontière. Dimanche soir, ils étaient 600 à franchir la frontière turque.

Commentaires Facebook