" />

Assange : le bataille diplomatique devrait s'étendre

Politique | Publié le Vendredi 17 Aout 2012 à 08:17:15 |
 
Assange : le bataille diplomatique devrait s'étendre

Chacun va choisir son camp. La décision par l'Equateur d'accorder l'asile politique à Julian Assange a déclenché un bras de fer diplomatique avec le Royaume-Uni. Et la bagarre devrait s'étendre à de nouveaux pays dans les prochains jours.

Les Etats sud-américains vont «analyser la situation» lors d'une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères de l'Union des nations sud-américaines (Unasur) et de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba) le week-end prochain à Guayaquil, en Equateur. Ce vendredi, l'Organisation des Etats américains (OEA), qui s'est réunie hier à Washington, décidera si elle en appelle, elle aussi, à une réunion des ministres des Affaires étrangères.

Les pays membres de l'Alba -- notamment le Venezuela, Cuba et la Bolivie -- se retrouveront samedi à Guayaquil tandis que l'Unasur se réunira dimanche dans la même ville. Le Brésil a été convoqué mais a refusé de commenter la décision de Quito et décidera dans les prochaines heures quel représentant il enverra à Guayaquil. L'Unasur compte onze membres, dont l'Argentine, la Colombie et le Venezuela. L'Alba rassemble les pays socialistes du continent sud-américain, connus pour leur rhétorique anti-USA. Pour les supporters d'Assange, la demande d'extradition vers la Suède n'est que la première étape d'un complot ourdi par Washington pour juger le fondateur de WikiLeaks sur le territoire américain où il pourrait risquer la peine de .

«Menaces explicites du britannique»


Lors d'une conférence de presse à Londres, le ministre des Affaires étrangères britannique William Hague a indiqué que le Royaume-Uni était «déçu» que Quito ait accordé l'asile politique à Julian Assange, accusé de crimes sexuels en Suède. L'Equateur a demandé une réunion des ministres des affaires étrangères des pays de l'OEA. L'organisation, qui rassemble la grande majorité des pays du continent américain, prendra une décisions sur cette requête ce vendredi.

Le gouvernement équatorien aimerait que les ministres des Affaires étrangères des pays de l'OEA analysent «les menaces explicites du gouvernement britannique» à l'encontre du fondateur de WikiLeaks, a précisé l'ambassadrice équatorienne Maria Isabel Salvador. Le gouvernement équatorien n'exclut pas de saisir la Cour Internationale de (CIJ) de la Haye pour contraindre la Grande-Bretagne à laisser partir Julian Assange en Equateur.

Hier, le Foreign Office et le gouvernement équatorien se sont écharpés via le réseau social Twitter. «Personne ne va nous intimider», a prévenu le président de l'Equateur Rafael Correa, pendant que Londres réaffirmait sa détermination à extrader Assange vers la Suède.

Un apôtre de la transparence un brin paranoïaque
Difficile à arrêter, Julian Assange est également difficile à cerner. Hacker australien agissant sous le pseudo de Mendax, véritable nomade passé par le Kenya, l’Islande, l’Angleterre, la Sibérie, fils de manageurs d’une troupe de théâtre… Quelle est la part de vérité, de mensonge dans la biographie de ce père de famille divorcé âgé de 41 ans? Son ex-lieutenant, Daniel Dommscheit-Berg, le décrit comme menteur, paranoïaque et égoïste dans un livre, « Inside WikiLeaks ». C’est avec lui que Julian Assange fonde WikiLeaks, en 2006. Son objectif : révéler des secrets de toute nature, économique, politique, mais aussi militaire ou people.

En 2010, un jeune soldat américain lui fait parvenir des images d’une bavure de l’armée militaire en Irak, puis 250000 câbles diplomatiques de la première puissance mondiale.

Il nie farouchement les accusations

Cette succession de coups d’éclat suscite la colère des Etats-Unis ou attise la paranoïa d’Assange. Selon lui, le Pentagone le persécute, et la procédure judiciaire contre lui en Suède en serait la preuve. En décembre 2010, alors qu’Assange s’est livré à la police britannique, celle-ci reçoit un mandat d’arrêt international émis par la Suède pour des affaires de « viol, d’agression sexuelle et de coercition » à l’encontre de deux femmes, en août 2010. L’Australien nie farouchement, mais refuse également de se laisser extrader vers la Suède, craignant d’être ensuite envoyé aux Etats-Unis, jugé pour trahison et enfermé à Guantanamo.

Mythomane ou génie traqué, Julian Assange continue d’entretenir le mystère qui suscite l’engouement, comme l’a encore montré l’emballement des réseaux sociaux hier à son sujet.

Commentaires Facebook