Interview exclusive : Arrestation, extradition rapide: Le frère de Blé Goudé fait des révélations

Soir Info | Politique | Publié le Mercredi 23 Janvier 2013 à 18:34:11 |
 
Interview exclusive : Arrestation, extradition rapide: Le frère de Blé Goudé fait des révélations
 

Suite aux nombreux commentaires suscités par l'arrestation au Ghana de Charles Blé Goudé suivie de son extradition quelques heures après vers la Côte d'Ivoire, nous avons rencontré à son domicile d’Abidjan, Dédi Léopold, alias ''Doum'', le frère aîné du leader des jeunes patriotes. Malgré la douleur qui l’étreint, cet inspecteur d'éducation a bien voulu nous faire la lumière sur le dossier, tout en révélant: ''Tout le monde veut avoir Blé avec lui, y compris Ouattara''. Entretien exclusif

L'arrestation au Ghana de Charles Blé Goudé puis, son extradition en Côte d'Ivoire a provoqué une réelle polémique dans la presse. Dites-nous dans quelle condition a-t-il réellement été arrêté avant son extradition en Côte d'Ivoire ?

Je rends très souvent visite à Charles mais, je n'étais pas au Ghana le jour de son arrestation. Toutefois, ceux qui étaient là au moment des faits m'ont donné toutes les informations concernant son arrestation. Ce matin-là (du jeudi 17 janvier 2013, ndlr), ce sont trois personnes qui sont arrivées et qui sont rentrées dans sa résidence, qui est construite en duplex. Puis après, une quatrième personne est venue rejoindre les trois premières. Il s'est avéré plus tard que la dernière personne était un policier ghanéen. C'est alors que l'une d'entre ces personnes a dit aux autres : « voici, c'est ici qu'il habite ». C'était sûrement l'informateur.

 

Et que s'est-il passé par la suite ?

Ayant sa chambre à coucher à l'étage, Charles vêtu uniquement d'une serviette, a remarqué ces visites suspectes.  C'est alors qu'il est rentré dans sa chambre pour se changer avant d'approcher ces derniers. Après de brefs échanges de civilités avec ces visiteurs peu ordinaires, ces derniers lui ont dit: ''Nous sommes venus te chercher''. Avant de lui intimer l'ordre de prendre son passeport et toutes ses pièces puis, il a ensuite été conduit au Bni (Bureau national d'investigation: équivalent en Côte d'Ivoire de la Direction de la surveillance du territoire). Tout cela s'est passé dans la matinée. Il est ensuite resté dans les locaux du Bni jusqu'à 17 heures, heure à laquelle on l’a autorisé à rentrer chez lui. Mais bien avant, en présence de ses avocats, sa carte nationale d'identité lui a été remise et son passeport confisqué. On lui a par la suite demandé de revenir le lendemain (vendredi 18 janvier 2013: Ndlr), à 9 heures, avant de lui ''coller'' un policier ghanéen. Effectivement, le lendemain à 9 heures, il est revenu, toujours en compagnie de ses avocats. Et dès qu'il est rentré au Bni, il a aussitôt été arrêté et conduit à destination d'Abidjan. Ce qui fait que toutes les personnes, particulièrement des Ivoiriens qui avaient eu écho de son arrestation et qui se sont mobilisés à l'entrée principale du Bni jusqu'à 16 heures, n'ont pu le voir.

 

La procédure d’extradition a été si rapide qu'une partie de l'opinion pense à un coup monté.

Non, ce n'est pas un coup monté. Il était vulnérable comme tout le monde. Tout le monde sait que depuis plusieurs années, il était frappé par une sanction onusienne qui lui interdisait de voyager hors de la Côte d'Ivoire. Il n'avait donc pas le droit de sortir de la Côte d'Ivoire. Puis, il y a eu la guerre en 2010. Il ne pouvait pas rester en Côte d'Ivoire face aux fusils. Il est donc allé se protéger au Ghana. Et sachant que c'est l'Onu qui remet le statut de réfugier politique aux réfugiés, à travers le Haut commissariat pour les réfugiés (Hcr), il ne pouvait pas se présenter devant les responsables de cette institution pour demander le statut de réfugié politique. Il a presque résidé au Ghana comme un clandestin. Les autorités ghanéennes elles-mêmes ont été surprises de sa présence dans leur pays.

 

Si tel était qu'il était dans l'illégalité, pourquoi selon vous, la décision de son extradition n'a-t-elle pas été prise par la Justice ghanéenne ?

A ce niveau-là, on ne parle plus de justice puisqu'il y a un mandat d'arrêt international qui a été émis par Abidjan. Et même si son avocat venait devant la justice, il fallait bien que Blé Goudé soit prolongeable et ce qui était censé le protéger, ce sont les papiers qu’il n'avait malheureusement pas.

 

Certains pro-Ghagbo, en exil au Ghana ont révélé, par voie de presse, pas mal de zones d'ombre dans la procédure d’extradition. Ils ont également indiqué qu'à la veille de son arrestation, Charles Blé Goudé était en contact téléphonique pendant plusieurs heures avec Soro Guillaume et quelques jours auparavant, avec Hamed Bakayoko ?

J'avoue que je suis surpris par une telle assertion. Quand on est au téléphone avec un correspondant, je crois que la conversation est privée alors, comment est-ce que les autres peuvent-ils être au parfum du sujet débattu? Je crois que c'est archi-faux. Ceux qui avancent ce genre de propos étaient-ils présents?

 

Blé Goudé leur a certainement fait part du contenu de ses appels ?

Cela n'engage que ceux qui tiennent de telles affirmations. Sinon, comment, après une telle communication politique jugée si sensible, l'on peut se permettre de divulguer son contenu ? C'est faux! Vous savez, il y a des gens qui veulent nourrir leur ambition à travers cette affaire. Vous savez également qu'au sein du Fpi, il y a toujours des querelles internes.

 

Blé Goudé a toujours dit qu'il n'était pas un membre de ce parti, pourtant.

 Je crois qu'en le disant, c'était juste un masque parce qu'il a toujours milité pour Gbagbo qui, lui, est Fpi.

 

Fologo et Gervais Coulibaly qui ne sont également pas du Fpi ont fait pareil, non ?  Fologo est où aujourd'hui? Il est retourné dans son parti. (…) Laissons tous ces détails. Je ne sais pas pourquoi les gens ont tendance à dire qu'il a parlé avec Soro ou avec Hamed Bakayoko etc...Évitons ce type de considérations.

 

Certains parlent de montage parce que, contrairement à Lida Kouassi et autres, Blé Goudé n'a pas été présenté aux médias le jour où il a été conduit à Abidjan.

J'ai plutôt trouvé que c'était une bonne chose parce que tout le monde sait que si on le présentait à la télé le même jour, il y aurait eu des réactions.

 

On a pourtant présenté Gbagbo à la télé, le premier jour de son arrestation et les populations sont restées chez elles ?

C'est parce que le premier jour, les fusils tonnaient.

 

Avez-vous une idée de son lieu de détention ?

Je vous avoue que je ne sais même pas où il est, mais, je sais qu'il est à Abidjan. Sur la toile et certains journaux écrivent qu'il est à Séguéla, à Bouaké, à Korhogo, mais je sais qu'il est à Abidjan. En réalité, tout le monde veut avoir Blé avec lui, y compris Ouattara lui-même. (…) Je demande à ma famille de se tranquilliser. Je pense que dès l'instant où on l'a présenté à la télé aujourd'hui (lundi 21 janvier 2012, ndlr), c'est qu'il est vivant. Mais, j'espère qu'il est détenu dans de bonnes conditions et que rien ne lui arrivera.

 

Claude DASSE

Source Soir Info
 

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