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Le temps des adieux a commencé pour Usain Bolt

Le temps des adieux a commencé pour Usain Bolt

La superstar de l'athlétisme Usain Bolt espère encore se couvrir d'or à Londres lors des Mondiaux-2017 en août, mais sa tournée d'adieux débute dès samedi avec sa dernière apparition en compétition à Kingston, devant un public jamaïcain qui le révère.

 

Le compte à rebours a commencé pour l'homme le plus rapide de l'histoire: il ne lui reste plus que quatre compétitions avant de raccrocher définitivement, à 30 ans, ses pointes. Sur la route de Londres, où il rêve de tirer sa révérence sur un énième triplé 100 m/200 m/relais 4x100 m, Bolt a coché trois rendez-vous: Kingston samedi, Ostrava (République tchèque) le 28 juin et Monaco le 22 juillet.

Mais ses dernières foulées sur la piste du National Stadium, devant son entraîneur de toujours Glen Mills, sa famille et ses proches, vont à n'en pas douter le marquer à jamais. "Je m'attends à beaucoup de bruit, d'énergie et d'émotion, à une énorme fête (...) La Jamaïque sait que, quand je me présente devant elle, je donne tout", sourit-il. C'est sur ce stade que le gamin de Sherwood Content a fait une entrée fracassante à 15 ans sur la scène internationale en remportant le 200 m des Championnats du monde juniors en 2002. 

"Le public va me manquer"
Depuis ce titre, il est entré dans l'histoire de son sport en collectionnant les titres olympiques (8), les couronnes mondiales (11) et les records du monde (7), en fascinant le public et les sponsors à travers le monde par sa décontraction et ses facéties, mais aussi par sa longévité et sa constance dans les grands rendez-vous.

"J'adore jouer avec le public et l'énergie d'un stade, c'est vraiment ce qui va me manquer le plus de l'athlétisme", a expliqué celui qui est surnommé "L'Eclair". Sans surprise, l'entraînement ne va en revanche pas du tout manquer à Bolt, qui n'a jamais caché ses difficultés à se motiver en début de saison après des hivers passés souvent à faire la fête.

"C'est clairement quelque chose dont je vais facilement me passer, tous les athlètes qui courent vite vous le diront", grimace le détenteur des records du monde du 100 m (9.58) et du 200 m (19.19). Bolt est persuadé de faire le bon choix, même s'il pourrait avoir encore quelques belles années devant lui: "Je pense que je suis une légende de mon sport, j'ai travaillé dur et j'ai accompli tout ce que je voulais, pour me prouver que j'étais l'un des meilleurs athlètes de l'histoire", insiste-t-il. Même la perspective de n'être que simple spectateur des prochains jeux Olympiques en 2020 à Tokyo, ne suscite aucun pincement au coeur chez lui.

Agacé par la jeune garde 
"Je me réjouis même de regarder les épreuves et de me souvenir de ce que j'ai fait", assure Bolt, qui rêve d'une seconde carrière comme joueur de football. Alors que les prétendants à sa succession ne cachent pas leurs ambitions, comme le Canadien Andre de Grasse, triplé médaillé olympique à Rio l'été dernier à 21 ans, Bolt cache difficilement son agacement.

"J'ai toujours essayé de rester diplomate, mais ce qui me dérange, c'est de voir des athlètes émerger et de les entendre dire, dès qu'ils arrivent à un certain niveau, qu'ils veulent me battre ou battre mes records. Je dis juste aux jeunes d'avancer étape par étape, je dis à De Grasse 'prends ton temps'", lâche-t-il.

Si l'opposition pour son dernier 100 m en Jamaïque sera purement locale, avec tout de même Nesta Carter, Michael Frater et Nickel Ashmeade, des grands noms du gotha mondial, comme le Britannique Mo Farah, le Sud-Africain Wayde van Niekerk ou encore l'Américaine Allyson Felix, ont fait le déplacement à Kingston pour rendre hommage au roi du sprint. "On ne reverra peut-être jamais un athlète comme lui", estime même Farah, double champion olympique en titre des 5000 et 10.000 m. "Il a tellement fait pour l'athlétisme, il l'a changé et je suis content pour lui qu'il parte en étant au sommet", admire Felix.

 

                                                                               7sur7

 

 
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