Sport

Golf : la Ryder Cup pour les profanes

Golf : la Ryder Cup pour les profanes

Méconnue en France, la Ryder Cup est pourtant la compétition la plus prestigieuse de la planète après les Jeux olympiques et la Coupe du monde.

La Ryder Cup est le troisième tournoi sportif le plus prestigieux de la planète après la Coupe du monde de football et les Jeux olympiques. Tous les deux ans, une sélection de douze golfeurs européens affronte douze golfeurs américains sur les greens durant trois jours, du vendredi au dimanche. À l'origine, au début du XXe siècle, la Ryder Cup n'oppose pas vraiment l'Europe à l'Amérique, mais plutôt la Grande-Bretagne aux Etats-Unis. Une manière d'entretenir sportivement avec douceur la rivalité entre ces deux territoires depuis le conflit colonial d'autant plus que ces deux nations dominent la planète golf. Il s'agit donc en premier lieu d'un duel purement anglo-saxon imaginé dans les années 1920.

À l'époque, le golf est en pleine expansion dans ces pays, où le nombre de licenciés explose. L'idée germe en 1921 quand des joueurs britanniques et américains s'affrontent sur le parcours de Gleneagles en Ecosse. Les Yankees s'inclinent 9-3 et perdent une seconde fois en 1926. Le capitaine de l'équipe de Grande-Bretagne, Abe Mitchell, prend les devants en demandant à l'un de ses élèves, le chef d'entreprise Samuel Ryder spécialisé dans la vente de plantes à bon marché, de financer un trophée. Le sésame 18 carats, avec le même golfeur Abe Mitchell représenté au sommet de l'objet, voit alors le jour et la première édition officielle de cette compétition a lieu en 1927. Ironie du sort, ce même Abe Mitchell déclare forfait à cause d'une crise d'appendicite.

 

L'Amérique propose à l'Europe de s'élargir

Depuis, sa périodicité n'a pas évolué : tous les deux ans, en alternance sur le sol américain et européen avec une interruption durant la Seconde Guerre mondiale. Le 11 septembre 2001 a décalé le calendrier. Annulé cette année-là à cause des attentats, l'événement est reporté l'année suivante et les éditions se déroulent les années paires depuis. Les changements ne sont pas légion de toute manière au regard du conservatisme qui règne dans le milieu golfique. Difficile de bousculer les traditions : il a fallu attendre 1973 pour voir des golfeurs non britanniques, plus précisément des Irlandais, intégrer l'équipe européenne. En 1979, les continentaux peuvent enfin concourir avec la Grande-Bretagne. Cette ouverture a été proposée... par les Américains lassés de remporter toutes les éditions depuis 1959.

Depuis, le palmarès s'est équilibré. Les huit premiers joueurs, sur douze, sont sélectionnés selon des barèmes précis liés au classement mondial et européen, et à l'importance des tournois et des gains. Le capitaine choisit enfin les quatre derniers. À noter qu'aucun Francais n'a été sélectionné cette année dans l'équipe européenne. La formule du tournoi, elle, est encore plus sophistiquée et peut déconcerter les profanes. La Ryder Cup prévoit 28 matches répartis en 4 catégories. Un match égale un point. L'objectif est d'atteindre plus de 14 points sur 28 pour remporter la Ryder Cup.

Matches de simple et de double

Le fourball est la première épreuve et a lieu le vendredi et le samedi matin sur huit rencontres. Ce sont les matches de double, comme au tennis. À la différence que chaque golfeur joue avec sa propre balle. À l'issue de l'épreuve, seul le nombre de coups le plus faible par trou enregistré par un joueur de chaque équipe est pris en compte.

Le foursome est la deuxième étape de la Ryder Cup et a lieu le vendredi et le samedi après-midi. Deux groupes de deux joueurs s'affrontent sur huit parties. On fixe un golfeur pour les trous pairs et un autre pour les impairs. Chaque camp ne joue qu'une seule balle. Les deux joueurs de chaque camp jouent alternativement la balle jusqu'au trou et ainsi de suite. Enfin, le simple (12 parties) est l'épreuve finale et a lieu dimanche et oppose deux golfeurs qui tapent chacun leur balle. Celui qui a remporté le plus de trous marque un point pour son équipe.

1999 : quand Bush rend visite à l'équipe

Cette formule favorise le suspense et les moments de tension qui ont fait la légende de cette compétition. En 1999, à Boston, les Américains sont menés jusqu'au dernier jour, mais parviennent à arracher la victoire dans le sprint final. Le futur président des États-Unis, George W. Bush, rend même visite à l'équipe dimanche pour l'encourager. Les Yankees sont gonflés à bloc et quand Justin Leonard rentre son putt de douze mètres dans le trou, l'équipe américaine envahit le green pour célébrer son coéquipier, perturbant l'adversaire européen José Maria Olazabal qui loupe ensuite son coup. La même « remontada », mais inversée, aura lieu en 2012 au détriment des États-Unis.

L'année 1987 est également un moment-clé puisqu'il s'agit de la première victoire du Vieux Continent sur le sol américain, sur le parcours de Dublin dans l'Ohio. Il a fallu attendre donc 60 ans pour voir les États-Unis s'incliner sur leur sol. Cette domination était telle qu'elle a permis quelques gestes de fair-play qui sont entrés dans la postérité. Il faut savoir qu'en cas d'égalité, l'équipe tenante du titre deux ans plus tôt est déclarée victorieuse. En 1969, à Southport (Angleterre), l'Américain Jack Nicklaus est à égalité avec l'Anglais Tony Jacklin à l'approche du 18e trou. Pour ce dernier duel, Nicklaus rentre son putt. C'est alors au tour de Jacklin, mais son coup est plus difficile à réaliser. Nicklaus s'empare alors du marqueur de son adversaire, ce qui a pour conséquence que le coup est déclaré gagnant aussi pour l'Anglais, ramenant les deux équipes à égalité. « C'était un héros national en Angleterre. Je me disais que les États-Unis conserveraient la coupe de toute manière. J'estimais que ça allait à l'encontre de l'esprit du jeu de lui faire risquer de manquer un putt de 2 pieds devant ses fans », raconte Jack Nicklaus.

Commentaires