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Football : paiement des primes, un véritable casse-tête en Afrique

Football : paiement des primes, un véritable casse-tête en Afrique

Une affaire de prime a secoué l’équipe nationale gabonaise en regroupement en vue de la préparation des éliminatoires de la CAN 2019. Cela rappelle bien d’autres crises vécues par des sélections africaines.

Les Panthères du Gabon ont déserté le camp de regroupement pour protester contre une décision des autorités qui auraient choisi de verser des primes uniquement à 18 joueurs au lieu de 25. Cette mesure n’a pas été du goût des joueurs. Ils ont donc quitté leur hôtel pour protester. Ce scénario n’est malheureusement pas le seul auquel l’on a eu droit en Afrique. Les problèmes de primes font désormais partie du spectacle footballistique sur le continent.

Vainqueur de la CAN 2015, la Côte d’Ivoire a eu droit à son épisode de primes impayées. « Ce que vous avez lu dans la presse n’est pas faux. Ce ne sont pas des rumeurs. Il y a une question de primes en cours. Ce que nous constatons, c’est que certains joueurs et encadreurs n’ont toujours pas perçu une partie de leurs primes », s’était exprimé Sory Diabaté, premier vice-président de la Fédération ivoirienne de football. Et pourtant, 3,5 milliards avaient été mis à disposition par les autorités du pays. L’affaire avait même emporté Alain Lobognon, ministre des Sports à cette époque. Un véritable déshonneur pour une nation qui venait de remporter le trophée continental !

En Guinée, le nerf de la guerre a également empesté le milieu du football. En 2015, les athlètes avaient boycotté une séance d’entraînement tout simplement parce qu’ils n’étaient pas d’accord avec le mode de paiement des primes. Notons que les équipes féminines ne sont pas en reste. Cela a été le cas au Ghana où les joueuses exigeaient leurs  primes de match pour les compétitions africaines, les éliminatoires des Jeux olympiques de 2016 et le Championnat d’Afrique féminin.

Le problème de prime fait pratiquement partie du quotidien des sélections africaines. Le Cameroun, le Zimbabwe, la RDC, le Nigéria…ont connu leur crise due sûrement à une mauvaise gestion des fédérations sportives.

Une improvisation dans la gestion

«L’histoire des primes est symptomatique des relations perpétuellement tendues entre joueurs, fédérations africaines et Etats. Les premiers reprochent aux secondes et aux troisièmes de s’enrichir sur leurs dos en détournant des sommes monstrueuses d’argent. Ils n’ont pas toujours tort», confiait le journal Libération. C’est à croire que l’argent, au lieu de favoriser le développement du football africain, l’enfonce bien au contraire. En réalité, le problème n’est pas la finance mais plutôt la gestion approximative des fédérations. Il y a beaucoup trop d’improvisation dans la politique managériale des dirigeants sportifs mais aussi au sommet de l’Etat. Une participation à la CAN ou au Mondial se prépare longuement. Il ne faut pas tomber dans l’improvisation. Toutes ces crises relatives au non-paiement des primes ne font pas honneur à l’Afrique qui a pourtant son mot à dire dans le foot mondial.

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