Arsène ne rime pas avec délire et extravagance, mais plutôt avec élégance et retenue. L’hommage rendu pour son dernier match à domicile comme manager d’Arsenal (il reste deux matches à l’extérieur avant la fin de la saison), aura donc été à son image, simple et classe. L’immense Emirates Stadium, dont les rangs étaient souvent clairsemés ces derniers temps, désertés par des supporters déçus par les performances mitigées de leur équipe, avait fait carton plein pour l’occasion. Certains tickets se sont arrachés à 2 000 euros.

Juste avant le match, Charles Harcourt, 16 ans, accompagné de son père Steve, s’est précipité pour acheter le programme officiel, qui, pour l’occasion, avait été rebaptisé «Arsène». Ils sont venus exprès de l’île de Man, au milieu de la mer d’Irlande. «Dès qu’on a entendu qu’Arsène Wenger partait, on s’est précipités pour acheter des billets »«Moi, je n’ai connu toute ma vie qu’un seul manager pour mon équipe fétiche et c’est Wenger», dit Charles. «Quand il a annoncé qu’il partait, j’étais choqué, puis je me suis dit qu’il était peut-être temps», enchaîne son père Steve. Mais, ajoute-t-il, «il a complètement changé le football anglais, il l’a rendu excitant et plus attirant. Aujourd’hui, c’est toujours excitant de regarder un match d’Arsenal. C’est juste qu’on n’est pas très bon en défense».

Chaque supporter interrogé se défend immédiatement d’avoir jamais fait partie du groupe des «Go Wenger», les supporters qui ont réclamé vigoureusement depuis des mois son départ. Ce dimanche, ils insistent tous sur l’empreinte indélébile que le manager a posé sur le club et sur le football en général. «Il a eu un impact phénoménal, sur la préparation physique et mentale des joueurs, sur le club, le stade, dont il a supervisé la conception et la construction et sur le football en général », estime Stewart White, 54 ans, Gunner depuis 1970. «Je n’ai connu que cinq managers dans ma vie, ma nièce qui a 22 ans, n’en a connu qu’un, Arsène»«Moi, je suis franchement triste», ajoute sa femme Sara, 53 ans. «En plus, en général, les entraîneurs qui succèdent à quelqu’un qui est resté aussi longtemps ont vraiment du mal, regardez ce qui s’est passé à Manchester United après Alex Ferguson.

Justement, l’ancien entraîneur de Manchester United est dans tous les esprits ce dimanche, alors qu’il repose sur un lit d’hôpital après avoir subi samedi une opération d’urgence pour une hémorragie cérébrale dont on ne connaît pas la gravité. À la fin du match, les premiers mots d’Arsène Wenger seront d’ailleurs pour son ancien rival, qui lui avait rendu hommage il y a quelques jours à Manchester. «J’espère qu’il va vite se remettre», dit-il. Entre ses mains, il tient le «trophée d’or des Invincibles», qui date de la saison 2003-2004. Cette saison-là, Arsenal avait gagné la Premier League en ne perdant pas un seul match, la première fois qu’un club anglais réussissait cet exploit depuis 1888. Le légendaire joueur écossais Bob Wilson, qui joua onze saisons à Arsenal, lui remet ce «seul cadeau approprié».

⚽ "THERE IS ONLY ONE ARSÈNE WENGER"