Société

Si les hommes écartent autant les jambes assis, c'est la faute à la science

Si les hommes écartent autant les jambes assis, c'est la faute à la science

En 2015, le manspreading est devenu une telle nuisance dans les transports en commun que le métro new yorkais a dû prendre des mesures. Mais face à la persécution, deux hommes se sont élevés pour nous livrer une étude expliquant que le manspreading n'avait rien à voir avec une appropriation des lieux publics mais tout à voir avec la science et la biologie. Mesdames, prenez en de la graine.

Le manspreading, une nécessité physiologique ? A en croire les résultats d'une étude menée aux États-Unis, si les hommes écartent les jambes dans les transports (et grapillent l'espace des autres passagers, généralement des femmes), c'est à cause de leurs caractéristiques morphologiques. Pour arriver à cette conclusion qu'on attendait tous, Ash Bennington, l'éditeur en chef du site EconoMonitor a demandé au data scientifique Mark Skinner de remonter à la source du manspreading et de faire quelques maths.

Le scientifique a alors évalué trois données différentes. Concernant la première, il explique que les épaules de l'homme moyen sont 28% plus larges que ses hanches, tandis que les épaules de la femme moyenne sont seulement 3% plus larges que ses hanches. Il assure : "Si un homme est assis dans le métro avec les genoux collés et que les passagers qui l'entourent sont serrés contre lui, son torse ne rentrera pas sur la moitié supérieure du siège si ses genoux prennent moins de place que ses épaules". Messieurs, tentez l'expérience chez vous, vous risquez probablement de tomber en avant (on blague, hein).

Pour appuyer son propos, Mark Skinner va même jusqu'à utiliser le cartoon de la campagne de sensibilisation au manspreading lancé par la MTA, l'entreprise chargée de la gestion des transports à New York. Ce cartoon représentant un homme étalé sur les sièges donne "une vision distordue" du corps masculin selon le scientifique, qui est allé jusqu'à mesurer les proportions du dessin. Jugée "humiliante pour les manspreaders", la campagne de la MTA a en plus représenté l'homme "comme une Barbie souffrant de dysmorphie". Au final, c'est donc quand même un peu la faute des graphistes. Qu'on leur coupe la tête.

Mais que viennent faire des militaires là-dedans ?

La deuxième donnée étudiée fait tout de suite tiquer. Car cette fois-ci, Mark Skinner est allé étudier les corps de 4 000 militaires. 4 000 hommes et femmes censés pratiquer une activité sportive régulière et dont les physiques devraient être logiquement assez éloignés du New Yorkais moyen. Ce qui ressort de cette étude-ci ? Le torse des hommes est plus large que les femmes MAIS pas leurs hanches ! "Cela suggère que, proportionnellement, un homme a besoin d'utiliser plus d'espace sur un siège en utilisant ses jambes qu'une femme pour qu'il puisse se tenir droit", nous explique très sérieusement Mark Skinner et Ash Bennington. Pour résumer, si un homme s'adonne au manspreading dans le métro alors qu'un autre gentleman est assis à côté de lui, il l'empêche de se tenir droit. Mais alors, quel danger encourt le pauvre voyageur ? Risque-t-il de se ratatiner sur lui-même ? Ses épaules vont-elles rapetisser et devenir seulement 3% plus larges que ses hanches ? Son corps va-t-il se distordre comme celui de ce satané cartoon ? Mais enfin et surtout, que viennent faire des militaires dans cette histoire ?

Les deux premières données étudiées sont donc peu convaincantes. Mais attention, le meilleur reste à venir. Car pour conclure en beauté, le data scientifique estime que si les hommes écartent les jambes dans le métro comme ils le feraient dans leur canapé, c'est pour "éviter les collisions dans les allées bondées des trains". En d'autres termes, ces messieurs veulent juste éviter la bagarre. Le journaliste et le scientifique concluent : "Les co-auteurs de cet article rapportent qu'ils ont été obligés de se voûter maladroitement pendant qu'ils voyageaient dans un métro bondé. C'est anecdotique – mais cela reste une expérience très ennuyeuse". Pauvre de nous.

Voilà, voilà. Cela n'a donc rien à voir avec un manque de politesse, une appropriation des lieux publics ou une affirmation de sa virilité, non, tout ça c'est la faute à la science.

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