Société

Réhabilitation des forêts classées : De bons résultats obtenus à Duekoué et Guiglo

Réhabilitation des forêts classées : De bons résultats obtenus à Duekoué et Guiglo

Les agriculteurs font preuve désormais de meilleures pratiques culturales. Alors qu’ils redoutaient la production de riz dans les bas-fonds, ils s’y sont mis désormais. Mieux, les techniques apprises, grâce au projet, permettent des rendements à l’hectare plus importants que par le passé.  

 

Le projet de réhabilitation et de restauration des forêts dégradées en Côte d’Ivoire avec l’implication des communautés locales (réfugiés, personnes déplacées internes et populations locales) ou Ticad 5, démarré le 16 octobre 2013, connaît des résultats probants.

 

La mission de terrain de l’Organisation internationale des bois tropicaux (Oibt) dans les forêts classées de Duekoué et de Scio, du 24 au 27 septembre 2018, a conforté les membres de la délégation sur les bons résultats obtenus. Ils ont pu voir de près les différentes réalisations du projet qui est achevé depuis le 15 juillet 2018.

 

Constatation générale : les travailleurs forestiers et les agriculteurs se sont reconvertis en véritables protecteurs de la forêt.

 

Les agriculteurs font preuve désormais de meilleures pratiques culturales. Alors qu’ils redoutaient la production de riz dans les bas-fonds, ils s’y sont mis désormais. Mieux, les techniques apprises, grâce au projet, permettent des rendements à l’hectare plus importants que par le passé.

 

Il faut dire que ce sont 4510 personnes qui ont été formées aux bonnes pratiques culturales agricoles, à la production de plants forestiers et à la création de plantations agroforestières.

 

En effet, non seulement les occupants des forêts classées gagnent mieux en termes de sécurité alimentaire grâce à la production des cultures vivrières, mais aussi, ils contribuent de manière significative au reboisement. On note qu’ils ont produit « 2.8 millions de plants forestiers de haute qualité ». Ce, avec une forte participation des femmes.

 

Les populations locales ne se contentent pas de produire des plants, elles en plantent. C’est ainsi qu’elles ont réussi à réhabiliter 2 mille ha de terres forestières dégradées grâce au reboisement associé aux cultures vivrières.

 

Au-delà des résultats liés à la reforestation, le Projet a permis le renforcement de la cohésion sociale entre les communautés impliquées. Celles-ci, il ne faut pas l’oublier, étaient en conflit durant la crise sociopolitique survenue en Côte d’Ivoire. Elles sont désormais réunies, toutes ethnies confondues, dans les coopératives mises en place dans le cadre du Projet.

 

Vu le succès de l’opération, il a été décidé que la Sodefor trouve « les moyens pour assurer le maintien de la cohésion sociale et la mobilisation des communautés autour des acquis du projet ». Une deuxième phase a d’ailleurs été sollicitée à cette fin et à la réplication de « cette belle expérience dans d’autres forêts classées de Côte d’Ivoire ». Une note conceptuelle a déjà été soumise à l’ambassade du Japon et à la coopération japonaise (Jica) dans ce sens.

 

Le Projet ‘’réhabilitation et restauration des forêts dégradées en Côte d’Ivoire’’ avec l’implication des communautés locales est financé par le gouvernement japonais dans le cadre du Ticad 5 à hauteur de 1,8 million de dollars, avec une contrepartie ivoirienne (518 280 dollars). Soit un coût total de 2 318 280 dollars.

 

Il est sous la responsabilité du bureau local de la Jica. Le suivi technique et administratif est assuré par l’Organisation internationale des bois tropicaux (Oibt). Et la Sodefor en assure l’exécution.      

 

Faut-il le noter, le Projet Ticad 5 a été mis en place pour reconstituer le patrimoine forestier perdu à cause de l’invasion des forêts classées par les déplacés et réfugiés de guerre. Ces derniers s’y sont installés pour créer des plantations agricoles et y récolter du bois pour des usages domestiques. Comme il fallait s’y attendre, leurs activités ont eu pour conséquences la dégradation desdites forêts.

 

Démarré, le 16 octobre 2013, il devait durer 48 mois. Maintenant, place aux négociations pour la deuxième phase. Le sujet a été abordé au cours de la réunion de synthèse de la visite de l’Oibt, le 28 septembre 2018, dans les locaux de la Sodefor.

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