Société

Quand la morale prend la porte...

Quand la morale prend la porte...

Le Larousse définit la morale comme la science du bien et du mal, la théorie des comportements humains régis par des principes éthiques. Toujours selon le célèbre dictionnaire, la morale c’est aussi un ensemble de règles de conduite, considérées comme bonnes de façon absolue ou découlant d'une certaine conception de la vie. Arrêtons-nous à cette définition.

 

 

Elle colle en bien des points à celle que semblent avoir retenus les Ivoiriens dans leur grande majorité. Ici, la morale est bien cet ensemble de règles de conduite “bonnes’’ découlant d’une conception de la vie, pour le moins douteuse. De plus en plus, on peine à faire la distinction entre bien et mal. Un flou particulièrement prononcé chez les plus jeunes.

 

Jeunesse entre sexe, argent, drogue et alcool

Une preuve des plus patentes, la retentissante histoire de Choupiie Deîî Port-bouët, début 2017. Choupiie est une adolescente d’environ 16 ans qui s’est amusée à publier sur les réseaux sociaux des photos d’elle avec son petit ami, prises lors de leur  passage dans un hôtel d’Abidjan. Un séjour en amoureux... Les photos et une vidéo, largement relayées, ont scandalisé la Côte d’Ivoire connectée. Et pour se défendre face aux nombreuses réprimandes, entre injures et excuses, la petite a évoqué l’amour comme argument. Seulement des photos d’elle, dans différents hôtels et avec différents “amoureux’’ ont fini par achever de convaincre tous ceux qui lui accordaient encore le bénéfice du doute. Loin de choquer ses amis, ce “buzz’’ l’a érigée en star à leurs yeux, en témoignent leurs commentaires.

Le cas Choupiie n’est malheureusement pas isolé. Tant et si bien que des sites en ont fait leur marque de fabrique.

Les vidéos à caractère sexuel qui il y a quelques années faisaient scandales sont aujourd’hui légion.

En fin de semaine dernière, une vidéo montrant des lycéennes avec des visages et des voix d’anges chanter en chœur les vertus du se*e hors mariage a commencé à faire le tour de la toile.

Autre illustration de la perte des valeurs morales, la drogue et l’alcool, qui désormais font partie du quotidien des jeunes Ivoiriens, qui  entre temps  ont perdu le goût du travail. Il faut les comprendre. Pourquoi se fatiguer à étudier pendant des heures des leçons qui peinent à prendre place dans notre cerveau quand on sait qu’on peut simplement, pour avoir de bonnes notes et passer en classe supérieure, glisser un billet violet ou inviter le professeur ou même l’éducateur à prendre un pot ? C’est bien plus marrant.

La liste est encore longue. On pourrait citer par exemple le nombre élevé de grossesses au primaire, les viols en réunion et le nombre sans cesse grandissant de cybercriminels ou de jeunes criminels tout court (microbes).

 

Etat et parents, spectateurs coupables

Le plus triste, c’est que la situation va en s’aggravant, dans le laxisme le plus complet.

C’est à croire que les parents s’en délectent, se complaisant à évoquer le sujet entre deux discussions politiques. La société, elle, se contente de le condamner du bout des lèvres et le partager ensuite sur les réseaux sociaux. Quant à l’Etat il semble avoir jeté l’éponge depuis belle lurette...

 

Pourvu qu’un changement s’opère au plus tôt, car ne l’oublions pas, cette jeunesse “dépravée’’ d’aujourd’hui est la Côte d’Ivoire de demain.

 

 

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