Société

Milieu du transport en Cote d’Ivoire- Wattao gagne 50 millions par mois

Milieu du transport en Cote d’Ivoire- Wattao gagne 50 millions par mois

Ce sont sans doute des révélations qui ne vont pas améliorer l’image du Lieutenant-Colonel Issiaka Ouattara dit Wattao. Dans un rapport de l’Organisation des Nations Unies (Onu), l’ancien patron en second du Centre de Commandement de décisions opérationnelles (Ccdo) est accusé d’avoir transféré une importante quantité d’armes lourdes vers une destination inconnue quand il a été évincé de ses fonctions concernant la sécurisation de la ville d’Abidjan.

« Le 21 Juillet 2014, le lieutenant-colonel Issiaka Ouattara (alias « Wattao »), un ancien commandant de zone, a été remplacé à la tête de la sécurité de la zone sud d’Abidjan et en tant que chef adjoint du Centre de commandement et de décision Opérationnelle. Cependant, des éléments fidèles à lui ont essayé de s’opposer, par la force à la cérémonie de passation de charges qui devait avoir lieu à l’Établissement général des services à Abidjan (…) .

La zone sud d’Abidjan est maintenant sous la direction effective du Lieutenant Tuo Souleymane. Quelques jours après l’incident mentionné ci-dessus, toutefois, des centaines d’armes, qui n’ont pas été enregistrées dans l’arsenal national par le Ministère de la Défense, ont été transférées de la maison de Wattao vers une destination inconnue. Le Groupe estime que, malgré son remplacement, Wattao conserve le contrôle d’un réseau criminel, qui fonctionne à Abidjan et dans tout le pays », indique le rapport du groupe de travail onusien sur la Côte d’Ivoire. Les réseaux criminels susmentionnés par les agents de l’organisation internationale rapportent, toujours selon le rapport, plusieurs millions de Francs Cfa à l’ancien chef de guerre.

« En outre, le Groupe est préoccupé par son racket dans les gares routières au sud d’Abidjan par l’intermédiaire d’un individu nommé Hien Sansan Ludovic qui prétend être un élément de la Garde républicaine (…). Le Groupe note que les profits de ce racket dans les gares routières, génère un bénéfice de 50 millions de Fcfa (100.00 Dollars Us) par mois », ajoute le groupe d’expert dans son document de 82 pages rédigé en anglais. Toujours à la charge de l’ancien Com-Zone, le rapport onusien indique que les membres de la garde rapprochée de Wattao sont, pour la plupart, d’anciens animateurs de la pègre attachés à leurs anciennes activités. « Le Groupe a établi que plusieurs des gardes du corps de Wattao qui sont impliqués dans les activités mentionnées ci-dessus, ont été recrutés en 2006-2007 dans la région de Bouaké. Pour la plupart, ils sont venus de l’élément criminel local. Ils ont persisté dans leur activité principale sous les ordres de Wattao, bénéficiant
de sa protection »,souligne le document.

Damana Pickass, Koné Katinan, Alphonse Gouanou… cités

Le document onusien qui a été publié par la Procureure de la Cour pénale internationale (Cpi), Fatou Bensouda dans le cadre de l’audience du 4 novembre devant statuer sur la mise en liberté provisoire ou non de Laurent Gbagbo, charge également certains proches de l’ancien président Laurent Gbagbo. La Gambienne qui a, dans une requête, souhaité ajouter ce document à ses observations sur la question du maintien en détention de l’ancien chef d’Etat, entend, sans doute, faire valoir les accusations portées par les experts à l’encontre de plusieurs pro-Gbagbo. Le rapport s’appuie notamment sur les attaques survenues dans l’ouest de la Côte d’Ivoire il y a quelques mois.

«Le Groupe constate que les attaques font partie d’un plan plus vaste visant à déstabiliser le pays. Les anciens dirigeants politiques et militaires, à savoir Justin Koné Katinan, Damana Pickass, colonel Alphonse Gouanou, le colonel Henri Tohourou Dadi, Commandant Fulgence Akapea, Commissaire Patrice Loba et Gnahoua commissaire (alias « Kabila ») ont été identifiés par le Groupe comme des éléments clés dans le commandement de l’aile radicale pro-Gbagbo, qui contrôle (…)que les attaques ne sont pas des actes isolés de violence parmi les membres des communautés. Le Groupe a constaté qu’elles avaient été planifiées et financées depuis la fin de 2013 par l’aile radicale pro-Gbagbo et se composaient de vagues
d’attaques armées dans le pays, principalement de l’ouest de la Côte d’Ivoire », indique le communiqué qui fait également cas de collaboration entre les meneurs présumés de ces attaques et certains agents du régime d’Alassane Ouattara.

« Le Groupe note qu’il ya eu collusion entre les membres de l’aile radicale pro-Gbagbo et des éléments des structures de sécurité au pouvoir. Le groupe continuera à enquêter sur cette affaire », souligne le document. Notons que c’est demain, mardi 4 novembre 2014 que la Cpi se prononce sur le maintien en détention ou non de Laurent Gbagbo.

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