Société

Mauritanie: des peines de 10 et 20 ans de prison pour esclavagisme, une première

Mauritanie: des peines de 10 et 20 ans de prison pour esclavagisme, une première

  Mercredi 28 mars, la cour criminelle de Nouadhibou, à quelque 500 km au nord de la capitale, a condamné dans deux affaires distinctes deux personnes, une femme et un homme, respectivement à 10 ans et à 20 ans de prison ferme pour esclavagisme. Une première au niveau des peines infligées pour de telles pratiques, selon les organisations des droits de l'homme.

 

La première des deux affaires opposait trois filles, dont la plus âgée a aujourd'hui environ 29 ans, à une dame de 60 ans qui les tenaient en esclavage depuis leur enfance.

Elles ont contacté l'organisation locale SOS Esclaves en 2011, qui les a aidées à porter plainte à l'époque. Mais l'affaire n'avait pas beaucoup avancé depuis sept ans, selon leur avocat.

Tout s'est dénoué il y a deux jours. La cour criminelle de Nouadhibou a condamné Rivaa Mint Mahmad à 10 ans de prison et l'équivalent de 5 600 euros d'amende pour pratiques esclavagistes, elle a été immédiatement conduite en prison.

Dans la deuxième affaire, deux hommes, un père et son fils étaient poursuivis pour avoir tenu en esclavage toute une famille. Le père est décédé il y a quelques mois, et le fils, Hamoudi Ould Saleck a été jugé par contumace. Il a écopé de 20 ans de prison, lui, aussi pour pratiques esclavagistes.

« Ce qui vient de se passer est extraordinaire », s'est réjoui Me Elid Mohameden M'Barek, l'avocat des parties civiles, en parlant d'une première dans l'histoire judiciaire de la Mauritanie.

Depuis 2015, ce pays a durci les peines encourues par ceux qui pratiquent l'esclavage, considéré désormais comme un crime contre l'humanité, en portant à 10 ans la peine minimale encourue dans ces cas.

Mais jusqu'ici, la justice s'était contentée de leur infliger des peines de 2 à 5 ans de prison, souvent avec sursis, des peines bien en deçà de ce qui est prévu par la loi selon SOS Esclaves, qui n'a cessé de dénoncer le laxisme des autorités.

 

                                                                              RFI

 

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