Société

Maurice: démission de deux membres du gouvernement liés au trafic de drogue

Maurice: démission de deux membres du gouvernement liés au trafic de drogue

Le rapport de la commission d'enquête sur la drogue provoque des secousses politiques à Maurice. Deux membres du gouvernement ont démissionné. La commission d'enquête présidée par l'ancien juge Paul Lam Shang Leen a siégé pendant presque deux ans, entendu 300 personnes et remis aux autorités un rapport de 300 pages. Le document a été rendu public par le Premier ministre.

« Nous sommes déterminés à tordre le cou aux trafiquants de drogue », a affirmé le Premier ministre. Pravind Jugnauth, a choisi de rendre public le rapport, malgré le « coup dur » pour son gouvernement.

Dans la foulée de ces révélations, en effet, deux membres de sa majorité ont démissionné. Sont soupçonnées leurs méthodes de travailalors qu'ils exerçaient comme avocat.

La ministre Roubina Jaddoo se défend, cependant, d'avoir fait le jeu des trafiquants de drogue. « Peu importe les spéculations et les dires, j'étais et je le suis une avocate de principe », dit-elle.

Si les conséquences politiques sont les plus retentissantes, en revanche, c'est la police qui essuie les plus graves critiques. Pour la commission d'enquête, plus que des failles, il y a complicité et infiltration dans le système de surveillance et de répression.

Du coup, c'est un comité interministériel qui définira la nouvelle stratégie de lutte antidrogue. Mais le leader de l'opposition souhaite que ce soit l'affaire de tous les parlementaires.

« La drogue, c'est un problème de société, et ce ne serait pas normal si nous n'arrivons pas à réunir toutes les bonnes volontés dans l'intérêt du pays », commente Xavier Luc Duval.

C'est la deuxième fois que Maurice crée une commission d'enquête sur la drogue. Cette deuxième commission recommande le démantèlement de la brigade antidrogue elle-même, un vrai contrôle dans les prisons, parce que c'est de là qu'opèrent certains caïds, une forte vigilance dans l'industrie du jeu et un regard urgent sur le financement des partis politiques.

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