Les violences se multiplient depuis plus d’un an dans le centre du Mali, entre Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon pratiquant majoritairement l’agriculture. Elles sont attisées par l’apparition dans la région en 2015 du groupe armé du prédicateur jihadiste peul Amadou Koufa, avec lequel les Peuls sont souvent soupçonnés de collusion.

Les affrontements entre Dogons et Peuls, qui ont éclaté samedi dans le cercle de Koro, limitrophe du Burkina Faso, se sont poursuivis dimanche mais le calme est revenu depuis, ont indiqué lundi soir l’armée malienne et des sources locales.

« Des cultivateurs dogons ont mené une expédition punitive contre deux villages peuls du secteur de Diankagou », a indiqué à l’AFP un habitant de Koro, qui a dit avoir vu de nombreux blessés grièvement touchés au centre de santé de cette localité.

Un détachement des forces de sécurité s’est rendu sur place dimanche pour « s’interposer entre les deux communautés », a-t-il ajouté.

L’armée a confirmé dans un communiqué avoir mené une « mission de bons offices » après ces violences, avec pour bilan « 31 morts, dont 27 Peuls et 4 Dogons », ainsi que neuf blessés.

Les militaires « ont réuni toutes les parties (maires, chefs de village, imams …) pour leur parler et les faire revenir à la raison. Les protagonistes ont promis d’arrêter les affrontements », selon le texte

Un fonctionnaire de Mopti, chef-lieu de région, a confirmé les faits sous le couvert de l’anonymat, déplorant « un événement déplorable sur fond de vengeance entre les deux ethnies qui vivent pourtant sur le même terroir ».

Selon lui, « l’absence d’autorité dans cette partie du territoire à cause de la présence de jihadistes du prédicateur Amadou Koufa favorise le développement de tels comportements ».

Ces violences seraient parties du meurtre d’un Dogon à la suite d’une dispute la semaine dernière, selon les médias locaux.

« Cela fait fort longtemps que la question de l’eau et du foncier suscite des différends et des malentendus entre les communautés bambara et peule, l’une sédentaire, l’autre pastorale », soulignait dans un rapport en avril l’organisation Human Rights Watch (HRW).

Mais en raison de la prolifération de formations armées islamistes et de la militarisation des groupes de chasseurs « ces litiges sont de plus en plus meurtriers », selon HRW.

 

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