Société

Logements à Abidjan : A quand la fin du calvaire ?

Logements à Abidjan : A quand la fin du calvaire ?

Se loger décemment à Abidjan relève désormais du parcours du combattant. Une triste situation qui ne fait qu’empirer au fil des années.

 

 

« 3 mois de caution, 2 mois d’avance et 1 mois d’agence », une formule commune à tous ceux qui sont en quête d’un logement. Et c’est le minimum “syndical’’.  Certains vont jusqu’à exiger 7 à 8 fois le loyer. Quand on sait que les loyers sont eux-mêmes assez souvent élevés, l’on comprend aisément le nœud du problème, pour son volet économique en tout cas.

 

Qui veut vivre décemment à Abidjan doit savoir mettre la main à la poche

D’un point de vue infrastructurel, bien des fois on est amené à se demander si les bâtisseurs avaient conscience que des êtres humains vivraient pour de vrai dans leurs maisons. Tant elles sont étriquées et manquent d’installations adéquates. Quand vient la saison des pluies (le grand test), nombreux sont ceux qui découvrent à leur grand dam qu’ils n’ont qu’un toit factice. Pour ceux qui ont la chance d’être logés dans de meilleures conditions, ils le savent, la souffrance est ailleurs (dans leur porte-monnaie). Qui veut vivre décemment à Abidjan doit savoir mettre la main à la poche. Et encore que la poche doive être plutôt grande quand on veut vivre dans des quartiers relativement calmes. Surtout s’ils sont dans les environs de Cocody (légendaire commune huppée) et qui de ce fait en tirent un prestige de façade.

Autre composante du problème de logement à Abidjan, les prétendus “agents immobiliers’’ qui s’érigent en intermédiaires incontournables entre propriétaires et futurs locataires. Généralement autoproclamés, ils exercent pour la plus part dans l’informel. Tous caractérisés par leur attachement au cens, ils exigent un droit de visite qui varie entre 2000 et 5000F CFA (non négociable) en plus d’une commission équivalant à un mois de loyer, le fameux « mois d’agence ».

 

La loi sur les cautions

En 2015, après la décision quelques années plus tôt du bureau de la Chambre du droit des affaires et de l'immobilier (CDAIM) d’assainir le secteur sur la gestion des cautions (et avances) et la fonction d'agent immobilier, l’Etat, par l’intermédiaire du ministère du logement, est intervenu. Les baux professionnels et d’habitation ont été fixés à deux mois de caution et un mois de loyer. Deux nouveaux contrats de bail stickés ont même été établis par la CDAIM. Ils sont disponibles aux coûts respectifs de 5000 et 2500 FCFA auprès de la Chambre de commerce et d’industrie ainsi que des agences immobilières agréées.

 

Mais voilà que deux ans plus tard, la mesure peine à se faire appliquer. Vivement qu’une mesure ferme soit prise afin de mettre fin aux souffrances des populations qui continuent de subir, par ignorance ou par dépit, les humeurs et la mauvaise foi d’individus guidés par le seul appât du gain.

 

 

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