Société

Le Balafon, un patrimoine culturel immatériel de l’humanité par nature

Le Balafon, un patrimoine culturel immatériel de l’humanité par nature

Soro Batjeni, sous-directeur de l’Animation, de l’Education et du Tourisme, à l’Office Ivoirien du Patrimoine Culturel, a expliqué, le jeudi 27 avril dernier, les raisons qui ont concourues à la déclaration du balafon (ou Djéguelé en langue Sénoufo) au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco. C’était à l’occasion de la 1ère journée scientifique du Festival International du Balafon, ‘’Djéguélé Festival’’ qui s’est tenu du 27 au 29 avril derniers à Boundiali, localité située au Nord.

« Processus de manufacture du Djéguélé ». C’est autour de ce thème que Soro Batjeni a articulé sa communication pour démontrer l’adéquation des critères du patrimoine culturel immatériel de l’humanité avec le processus de fabrication du balafon.

Pour Soro Batjeni, cet instrument traditionnel acoustique commun aux communautés Sénoufos du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et du Ghana est réalisé avec le pterocarpus erinaceus,  nom scientifique du bois de vène. Cette essence qui sert aussi à la fabrication des crosses de kalachnikov ou de coque de bateau est soumis, à l’en croire, à des rituels avant de l’abattre. « Elle ne se récolte pas n’importe comment », a-t-il souligné. Mais mieux, le fabricant du balafon, le “djédaw’’ en langue Sénoufo, doit s’assurer, par des techniques qui lui sont propres,  que l’arbre ait vécu  au moins 30 ans, seul gage, selon lui,  d’une bonne qualité de son du balafon. « Il faut donc dire que le travail de récolte de l’essence relève d’une connaissance rigoureuse de savoir lié à l’Univers », a-t-il indiqué.

Une fois cette étape franchie, le fabricant procède au découpage du tronc. Ce, afin de former les lames qui seront posées sur un cadre trapézoïdal. « Pour devenir djédaw, il faut donc avoir beaucoup de qualité : observateur, grand imitateur. Mais aussi des qualités de sculpteurs », a-t-il expliqué.

Cependant, si ce savoir-faire a pu traverser des générations, à en croire le sous-directeur de l’Animation, de l’Education et du Tourisme de l’Office Ivoirien du Patrimoine Culturel, c’est « bien grâce à la langue ».

 « En définitive, il faut comprendre que le processus de fabrication répond à au moins trois domaines du patrimoine culturel immatériel », a-t-il conclu.

Rappelons que les critères d’un patrimoine culturel immatériel de l’humanité : l’utilisation de la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel; les arts du spectacle; les pratiques sociales, rituels et événements festifs; les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers; les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel.

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