Société

La Côte d'Ivoire fait "un bond en avant" dans la lutte contre le racket

La Côte d'Ivoire fait

La lutte contre le racket fait l'objet depuis plusieurs mois d'une mobilisation des autorités et des experts ivoiriens qui notent avec satisfaction que la Côte d'Ivoire a fait "un bond en avant" dans le combat contre ce fléau.

Lors d'une cérémonie de remise d'un rapport mercredi, le Représentant résident de la Banque mondiale en Côte d'Ivoire Ousmane Diagana a salué les efforts remarquables du gouvernement ivoirien.
Selon M. Diagana, les mesures prises par les autorités gouvernementales sont en train de porter leurs effets.
"Sur le terrain, les actions des ministères de la Défense, de la Sécurité, de la Justice et de plusieurs autres organismes sont perceptibles et se sont même accrues", a fait remarquer Laurent Toppé, un expert.

LE RACKET EN BAISSE DE 13,97%

A en croire une enquête diligentée par la Banque mondiale en Côte d'Ivoire, le coût global du racket est en baisse de 13,97% dans le pays.
"La baisse du phénomène du racket est perceptible dans plusieurs secteurs", fait remarquer l'enquête qui s'inscrit dans le cadre du projet d'appui à la bonne gouvernance.
Pour un officier de police, la réduction du racket est le fruit d'un travail conjugué et concerté entre les forces de sécurité, les autorités et les experts.
"Le travail s'est fait en synergie et la détermination des uns et des autres n'a pas faibli un seul instant", a noté l'officier.
De son avis, le racket est une plaie voire une véritable gangrène qui mérite d'être combattue avec vigueur.
Experts et observateurs ont ainsi salué les dispositions annoncées par les autorités du pays pour enrayer cette pratique néfaste ou la réduire à des proportions minimes.
Selon des sources judiciaires, une vingtaine de procès liés au racket ont déjà eu lieu et une centaine d'agents ont été condamnés.
Pour des observateurs, il s'agit d'une bonne action dissuasive de la justice militaire, pour extirper des rangs des forces de sécurité les "brebis galeuses" qui ternissent l'image de la corporation des forces de sécurité.

DES POCHES DE RÉSISTANCE

En dépit des séances répétées de sensibilisation et des actions d'envergure marquées par la répression, le racket quoiqu'il ait baissé persiste dans certains domaines tels que le transport.
Selon le constat des experts, l'on note des tracasseries qui continuent d'être perpétrées sur des populations par des hommes en tenue.
Tout en saluant l'enquête diligentée par la Banque mondiale, le ministre ivoirien de l'Intérieur Hamed Bakayoko a promis que la bataille contre les adeptes du racket va se poursuivre.
"Cette enquête est une bonne base qui cible toutes les zones où le phénomène persiste", a estimé M. Bakayoko.
Pour sa part, le procureur militaire de Côte d'Ivoire, le colonel Ange Kessy, a indiqué lors d'une conférence de presse que la juridiction militaire continue de mener une lutte sans merci contre les soldats indélicats.
"Malgré des mises en garde, des ex-combattants continuent d'ériger des barrages illégaux et improvisent des contrôles irréguliers dans la seule intention de racketter", a déploré le colonel Kessy.
"Le racket figure au rang des infractions dont la répression s'opère avec une extrême sévérité en raison de la politique criminelle du gouvernement qui a inscrit la tolérance zéro à l'égard de cette infraction", a-t-il fait remarquer.
A en croire le procureur militaire, des missions de contrôle et de répression seront effectuées à la fois par le parquet militaire et la hiérarchie des forces de sécurité.

UN FLÉAU PRÉJUDICIABLE

"Il faut aider nos autorités à démanteler les poches de résistance du racket", a noté de son côté le président de l'ONG "Sécurité pour Tous", Lambert Nguetta.
De son avis, la répression doit se poursuivre car il s'agit d'un fléau préjudiciable aux populations et à l'Etat.
Corroborant la thèse de M. Nguetta, le colonel Ange Kessy a relevé que la lutte contre la vie chère est intensément liée à la lutte contre le racket.
"Il est en effet établi que l'augmentation de certains produits sur les marchés trouvent leur origine dans les tracasseries et rackets dont sont victimes les commerçants et producteurs qui répercutent les couts de transport sur les prix à la consommation", a illustré le colonel Kessy.
Pour le procureur militaire, plusieurs acteurs sociaux dont les producteurs, les consommateurs et l'Etat souffrent du racket. "Le racket s'opère au profit de quelques agents véreux dont les agissements font perdre à la Côte d'Ivoire plus de 100 milliards de FCFA par an", a-t-il révélé.

UN TRAVAIL DE LONGUE HALEINE

Les autorités promettent de poursuivre la répression et de retrousser véritablement les manches contre ce fléau.
"Ce sont des habitudes décennales que nous déplorons", a déclaré le ministre ivoirien de la Justice Gnénéma Coulibaly, au cours d'une récente conférence de presse.
Pour le ministre, la lutte contre ce fléau est un combat de longue haleine.
En vue de joindre l'acte à la parole, les autorités ivoiriennes ont mis en place des mécanismes en vue d'une lutte efficace.
Dans leur volonté de venir à bout de ce phénomène, celles-ci sont passées à la phase de répression après la sensibilisation, avec la mise sur pied d'une brigade anti-racket.
L'Observatoire de la fluidité des transports (OFT) constitue également l'un des acteurs de la lutte inlassable contre le racket.
Par ailleurs, la Côte d'Ivoire dispose désormais d'un Centre d'appels pour recueillir toutes les dénonciations d'actes délictueux des forces de l'ordre, notamment le racket qui a pour terrain de prédilection les routes.
"Le Centre d'appels contribuera à n'en point douter à réduire le racket et ses effets négatifs sur l'activité économique, afin de faire de notre pays, une destination prisée", a souligné le président du Comité de pilotage du projet Adama Sall lors de la mise en place de la structure début avril.
La problématique du racket routier et des barrages illégaux préoccupe au plus haut point les autorités qui ont renforcé la lutte contre ce fléau et occasionné sa baisse.
Selon le ministère ivoirien de l'Economie et des Finances, le racket représente 35% à 50% des pertes en investissement.

 

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