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CPI/ Pourquoi la RTI ne retransmet pas le procès Gbagbo

CPI/ Pourquoi la RTI ne retransmet pas le procès Gbagbo

Tandis que les Ivoiriens se décarcassent pour suivre en direct le témoignage de Philippe Mangou, ex-chef d’état-major de Côte d’Ivoire, par ailleurs témoin à charge contre l’ex-président Laurent Gbagbo, la télévision nationale est à nouveau aux abonnés absents pour cet évènement qui engage la vie de la Nation.

Cette simple question dérange plus d’un. A en juger par les réactions de nos confrères au sein de la maison bleue dont nous tairons les noms. Tous observent la loi de l’omerta au risque de perdre leur emploi. A juste titre. Des ministres ont été limogés sans raisons valables pour leurs contradictions avec le chef de l’Etat. Même son de cloche pour des travailleurs de l’administration ivoirienne pour leur proximité avec Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale. Quel sort donc pour le journaliste qui oserait livrer une information en faveur des ennemis Laurent Gbagbo, Blé Goudé et autres ?

Paradoxe éloquent.

Il n’empêche que le paradoxe est éloquent. 7 années que le régime d’Abidjan prône la réconciliation nationale. 7 années qu’elle demeure un chantier vide. La réponse se trouve dans cette marginalisation d’une partie des Ivoiriens qui se reconnaissent en Gbagbo et Blé Goudé, donc friande de toute information les concernant. Un attachement à l’ex-président ivoirien et son ministre de la jeunesse qui se matérialise à travers le recours aux journaux dits bleu, proche de l’opposition ainsi qu’aux chaines de télévision panafricaines Africa 24 et Afrique Média. Avec qui le pouvoir d’Abidjan veut-il se réconcilier en agissant ainsi ? La véritable réconciliation ne passe-t-elle pas par la vérité ? Il est clair que cette attitude trahit la pensée du régime d’Abidjan.

A quoi servent les redevances des Ivoiriens ?

La Radiotélévision ivoirienne (RTI) n’est pas à son premier essai. Si elle se présente comme un média de service public, la RTI a de tous temps été un média gouvernemental. Cependant, elle frise le ridicule lorsque ses agents, dans leur souci de protéger leurs emplois ou de faire plaisir au pouvoir d’Abidjan, négligent des évènements tels que l’attaque terroriste de la ville de Grand Bassam, le procès Gbagbo-Blé Goudé ou encore les nombreux crimes commis par les gangs à la machette connus sous l’appellation ‘‘microbes’’. S’il faut payer des redevances télé à 2000 Frs chaque deux mois pour se faire abêtir avec des feuilletons à l’eau de rose, il est normal que plusieurs Ivoiriens se tournent de plus en plus vers les chaînes d’abonnement.

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