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Côte d’Ivoire : les disparités régionales s’accentuent, selon le Top 10 des villes les plus riches

Côte d’Ivoire : les disparités régionales s’accentuent, selon le Top 10 des villes les plus riches

Les disparités régionales en termes de croissance économique s’aggravent, relève une analyse sectorielle publiée par Bah Blesson & Company, un cabinet de conseil en management et consulting. Celui-ci dresse le Top 10 des villes ivoiriennes qui boostent l’économie nationale.

« Avec un revenu national brut (RNB) par habitant de 1 450 dollars en 2013, la Côte d’Ivoire ambitionne de devenir un pays à revenu intermédiaire d’ici 2030, ce qui représente un énorme défi », rappelle Bah Blesson & Company dans cette étude dont l’agence de presse African Daily Voice (ADV) a eu copie.

Bah Blesson & Company est un cabinet conseil en management qui fournit des services professionnels dans les métiers suivants: planification stratégique, système d’information, exécution de projet, organisation, risques et standardisation.

Pour atteindre un RNB de 4 100 dollars par habitant, correspondant à celui d’un pays à revenu intermédiaire, il faudra que le pays enregistre des taux de croissance annuels de 10 %, poursuit le cabinet spécialisé, qui totalise plus de dix ans d’expérience locale et internationale reconnue. Il devra donc bien gérer et rationaliser son urbanisation pour atteindre son objectif, les villes étant des moteurs de croissance.

Retenant ainsi que les villes jouent un rôle prépondérant dans le développement d’un pays, Bah Blesson & Company a établi le Top 10 des villes qui boostent l’économie de la Côte d’Ivoire. Ce Top 10 est issu d’un classement de 51 villes du pays à fort potentiel économique, élaboré à partir d’une étude sur les meilleurs chiffres d’affaires (CA) des entreprises implantées sur le territoire ivoirien pour les années 2014, 2015 et 2016.

D’après les chiffres des analystes, l’on dénombre près de 11 400 entreprises exerçant dans les 51 villes du pays et réparties comme suit : 10 212 entreprises pour les villes du Top 10 et 1 188 pour les 41 autres.

Le CA de l’ensemble des entreprises dans les villes du Top 10 est de 22 703 milliards francs CFA et représente 96,8% du CA total de toutes les entreprises des 51 villes qui est de 23 445 milliards francs CFA. Voici le classement des 10 premières villes économiques de Côte d’Ivoire :

 

Les spécificités des villes du Top 10

 

Comme il fallait s’y attendre, Abidjan, la capitale économique dotée des principaux aéroport et port du pays, est bien évidement en tête du classement de par sa prédominance, avec environ 20 % de la population totale, 80 % des emplois formels et 90 % des entreprises formelles.

Vient ensuite, en seconde position, San-Pedro, qui est aussi la deuxième ville portuaire du pays, principale porte de sortie des produits agricoles destinés à l’exportation. Il s’y développe ainsi d’importantes activités économiques liées au fait qu’elle est le lieu de transit de 50% des exportations de cacao dont la Côte d’Ivoire est le 1er producteur mondiale, observe Bah Blesson & Company.

Le cabinet souligne que les autres villes du classement, appelées aussi connecteurs locaux, concentrent l’essentiel de la production agricole nationale exploité par bon nombres d’entreprises et coopératives du secteur. D’autres activités connexes à l’agriculture sont florissantes pour la plupart de ces villes, quand l’activité minière est en plein essor particulièrement à Korhogo.

« Les zones rurales de production autour de ces villes manquent d’infrastructures de bases (notamment en matière d’assainissement) et d’infrastructures routières, pour les relier aux lieux de stockage ou de transformation, ce qui représente un frein majeur dans leur développement pour atteindre les 2 premières du classement. », note la même étude.

 

Bouaké et Yamoussoukro en perte de vitesse économique

 

Fait notable, les villes de Bouaké (ancienne deuxième ville du pays) et Yamoussoukro (capitale politique), ne figurent pas dans ce Top 10 tout en occupant respectivement les 12e et 15e places du classement. Ces deux villes semblent être à l’évidence en perte de vitesse économiquement.

Bah Blesson & Company explique le décrochage de Yamoussoukro par le fait que se développe dans la capitale politique de la Côte d’Ivoire abrite de nombreux lycées et écoles polytechniques nationaux du pays. Il y a donc davantage d’activités de formation publique que celles économiques dans la ville natale de Félix Houphouët-Boigny, le premier président ivoirien.

Quant à la ville de Bouaké, beaucoup d’entreprises qui y étaient installées ont fermé leurs portes ou délocalisé leurs infrastructures à cause des récentes crises militaro-politiques qu’à connu le pays depuis 2002.

Ce classement est un indice pour s’enquérir de l’évolution économique des villes ivoiriennes, qui pourrait susciter l’attractivité d’investisseurs et servir de guide aux décideurs pour bien mener l’urbanisation et le développement du pays, justifient les analystes du cabinet Bah Blesson & Company.

 

 

africandailyvoice.com

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