Société

Côte d'Ivoire/Embargo sur les armes: l’Onu accuse la Côte d’Ivoire de violation

Côte d'Ivoire/Embargo sur les armes: l’Onu accuse la Côte d’Ivoire de violation

Le gouvernement ivoirien se serait rendu coupable de violation de l'embargo sur les armes, décrété depuis plusieurs années par le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies (Onu).

Ces accusations contre le régime d'Abidjan sont contenues dans un rapport d'experts onusiens, daté du mois d'octobre 2014. Le document, qui porte la signature de cinq fonctionnaires onusiens, met notamment en exergue, les modifications apportées par l’État de Côte d'Ivoire sur des véhicules civils à l'origine. « Au cours de ses visites à Abidjan et dans tout le pays, le Groupe a observé que plusieurs véhicules tactiques légers de type Acmat, importés de France, en tant que véhicule civils entre 2012 et 2013, tel que notifié par le régime, ainsi que d'autres camions de ramassage des civils, avaient été transformés en véhicules armés par l'ajout de supports pour armes automatiques (…).Le Groupe a été en mesure de vérifier que les véhicules ont été modifiés dans les ateliers situés au siège des Frci à Abidjan. Certains véhicules modifiés ont été observés dans des unités telles que les forces spéciales, le Centre de commandement et de décision Opérationnelle, le Groupement spécial de protection du président de la République, la Garde républicaine et le Bataillon de Sécurisation de l'ouest », indique le rapport qui contient plusieurs annexes et des photos des véhicules incriminés.

En outre, le document qui signale la présence d'importantes quantités d'armes lourdes dans l'arsenal du 4è Bataillon d'infanterie de Korogho, s'inquiète de ce fait à l'approche des échéances électorales de 2015. « Dans les locaux du quatrième bataillon d'infanterie de Korhogo, le Groupe a observé la présence de lance-roquettes multiples, de mitrailleuses lourdes, des munitions et connexes et des véhicules qui sont entrés en Côte d'Ivoire en 2011, en violation du régime de sanctions, ainsi que des véhicules civils transformés en militaires. Le bataillon est sous le commandement de Martin Kouakou Fofié (…). Le Groupe craint que de tels équipements, et en particulier de l'artillerie lourde, qui ne figurent pas dans l'arsenal Frci, soit entre les mains d'un ancien commandant de zone, Martin Fofié, qui est sous sanctions de l'Onu. Le Groupe considère que cette situation présente une menace potentielle pour la paix et la sécurité, d'autant plus que les élections approchent », stipule le document.

Les activités économiques illicites d'anciens chefs de la rébellion des Forces Nouvelles sont également décriées dans le document des cinq experts. Ceux-ci se penchent, entre autres, sur les activités aurifères de Touré Hervé dit ''Vetcho''. « Le Groupe a recueilli des preuves indiquant que l' exploitation artisanale illégale est canalisée par des réseaux liés aux Armées des Forces nouvelles, des anciens commandants de zone, qui profitent des ventes d'or. Hervé Touré "Vetcho", un ancien commandant de zone, contrôle toujours les opérations d'or dans la région de Katiola (surtout le site Daga) par un de ses hommes, "Ben Laden" (qui est selon le rapport onusien, un Nigérien qui n'a rien à voir avec le chef de guerre Coulibaly Ousmane dit Ben Laden ; Ndlr). Vetcho préfinance les creuseurs et achète de l'or à partir de 12.000-13.000 Fcfa par gramme pour le revendre à Abidjan à 19 000 Fcfa par gramme », souligne le document.

 

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