Société

Accaparement des terres : La Conférence épiscopale régionale de l’Afrique de l’Ouest organise un atelier sur la question

Accaparement des terres : La Conférence épiscopale régionale de l’Afrique de l’Ouest organise un atelier sur la question

A l’ouverture de l’atelier sur « l’accaparement des terres en Afrique Francophone : identifier et promouvoir des solutions endogènes pour s’en sortir », qui eut lieu mardi à la conférence régionale de l’Afrique de l’Ouest (Recowa-Cereao), le nonce apostolique Mgr Joseph Spiteri, a exhorté chacun à éviter de tomber dans le péché de l’indifférence.  

 Avant d’attirer l’attention de l’Église d’Afrique francophone, sur son rôle qui pourrait être éducationnelle, de soutien. Car elle a un devoir de formation humaine, un rôle aussi de collaboration avec le gouvernement, pour qu’il veuille garantir une survie du peuple. Qui, sans la terre, devient errant, affamé et des fois, migrant. « Nous devons mener des actions concrètes en faveur des plus démunis. Afin de leur assurer les moyens nécessaires, pour un développement humain durable. Leurs économies reposent parfois sur l’agriculture. Nous ne pouvons pas être spectateurs, nous, l’Église sinon acteurs d’actions favorisant le bien des peuples et la conservation de la terre », a dit le prélat. Cela, d’autant plus que 62% des personnes interrogées, selon une étude qu’il a citée, affirment ne pas avoir été consultées lors de la vente de leurs terres. Il a aussi souligné que le problème de l’accaparement des terres augmente les problèmes fonciers, alimente les conflits entre autochtones et allogènes et accroît la pauvreté de la population.

 

Bien avant lui, Sinan Ouattara, porte-parole du roi des Andoh (Prikro), a dénoncé avec un documentaire à l’appui, un litige foncier qui l’oppose à l’État de Côte d’Ivoire : une superficie de 11 hectares, sur lesquels vivent une dizaine de villages, qui a été cédée à une compagnie hévéicole sans l’accord des villageois. Le roi était présent avec une délégation afin de présenter le problème à l’Église. Et aux bonnes volontés, afin que le droit soit dit et que les villageois retrouvent leurs terres.

(ndlr :de manière générale), que les États sont mis face à leurs responsabilités par rapport à leurs populations auxquelles, ils ont le devoir d’apporter le bien-être, la protection et la justice contre les forces internationales. Il a indiqué, qu’en dehors des multinationales, cet accaparement des terres peut aussi être vécue à l’intérieur des pays africains et être le fait de l’État, des entreprises nationales et des personnes privées.

 

Mgr Samuel Kleda, archevêque de Douala au Cameroun et président de la conférence épiscopale de son pays, a souligné que dans cette situation difficile, il y a un manque de Dialogue. « Quand l’État veut agir, ou à un projet, il devrait tout faire, afin d’entrer en dialogue, avec les populations, les habitants concernés ». Aussi, a-t-il indiqué qu’à la sortie de ce congrès, l’Église va s’engager dans la voie du dialogue. Parce que les multinationales qui veulent investir posent le problème au niveau de l’État. Sans tenir compte des populations. L’Église va donc engager le dialogue avec l’État, pour que le droit des villageois qui se retrouvent sans terre cultivable soit respecté.

 

Le deuxième vice-président de la Cerao, Mgr Alexis Touably Youlo, a fait savoir que le problème de l’accaparement des terres n’a jamais été posé au niveau de la conférence des évêques catholique de Côte d’Ivoire. Il s’est réjoui de ce qu’il soit au cœur des réflexions de cet atelier qui prend fin aujourd’hui. Car il s’agit de la terre donc, de la vie de l’homme. C’est donc une question vitale qui, si on n’y prend garde, finit par générer des conflits et des violences de tous ordres.

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