Société

Abidjan/Saison des pluies : Quand le malheur des uns fait le bonheur des autres

Abidjan/Saison des pluies :  Quand le malheur des uns fait le bonheur des autres

Dans la capitale économique ivoirienne, bien souvent pluie rime avec inondation, dégâts, tristesse et désolation. Une mauvaise saison donc. Enfin pas pour tout le monde. Comme le dit l’adage, en saison des pluies à Abidjan, le malheur des uns fait le bonheur des autres.

 

 

Ces autres, c’est bien sûr ceux qui savent avoir le nez creux.

En première ligne, les commerçantes à la criée. Hier vendeuses de biscuits, de jouets, d’orange, de banane (ou tout autre fruit tropical), elles se reconvertissent, actualité oblige, en vendeuses de parapluies, imperméables artisanaux (grands sachets plastiques avec des ouvertures pour la tête et les bras), chapeaux de bains ou chaussures en plastique. Le temps, leur meilleur allié en cette saison, finit par nous pousser vers elles.

 

Autre heureux de cette saison des pluies, les chauffeurs de taxi intercommunaux, communément appelés taxi-compteurs. Il est loin le temps où le client était roi. Même qu’en cette saison, il devient esclave, soumis au dictat de ces chauffeurs véreux. Les tarifs enflent à mesure que la pluie se fait forte. Et la possibilité de négocier baisse proportionnellement.

Parfois, se sachant votre seul salut face aux flots impétueux des cieux, les taxis s’octroient le droit de choisir leurs destinations.

Une cliente malheureuse racontait récemment sa mésaventure sur les réseaux sociaux. Devant se rendre à Koumassi (commune d’Abidjan connue pour être une piscine à ciel ouvert) même hors saison des pluies, elle arrête un taxi pour l’y conduire. A peine, indique-t-elle, sa destination que le chauffeur lui rétorque : « c’est un taxi, pas un bateau », avant de démarrer en trombe.

 

Les réparateurs de tôle et les maçons eux aussi se frottent les mains. Les premiers ont un champ d’action plus vaste (ils sont utiles dans toutes les communes). Les seconds, eux, se limitent aux quartiers mal drainés, comme la Riviera Palmeraie, Angré, Yopougon ou encore Koumassi, où des réaménagements sont nécessaires.

A la Riviera Palmeraie par exemple, suite aux récentes inondations, les devantures de maison et magasins, surtout aux alentours de la rue Ministre, ont du être surélevées. Un rempart contre les eaux de ruissellement.

 

Il est vrai que la saison des pluies fait partie de ces choses sur lesquelles l’homme n’a pas grande influence. Cependant, il est en son pouvoir de trouver les moyens de se prémunir contre ses effets néfastes. En se dotant par exemple de systèmes d’évacuation et de drainage aux normes (et fonctionnels), et en veillant à lutter contre le réchauffement climatique, car en fin de compte nous appartenons tous à un même monde où nous sommes tous interconnectés et interdépendants, qu’on le veuille ou non.

 

 

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