Société

À Lomé, l’opération « Togo mort » lancée par l’opposition peine à rassembler

À Lomé, l’opération « Togo mort » lancée par l’opposition peine à rassembler

L'opération « Togo mort », organisée le 4 décembre par la coalition des 14 partis de l’opposition pour dénoncer le processus des élections locales, référendaires et législatives des 16 et 20 décembre, a été peu suivie dans le pays, contrairement à la marche du 1er décembre.

L’opération « Togo mort », organisée le 4 décembre par la coalition des 14 partis de l’opposition (C14), aura été peu suivie dans le pays. À Lomé, comme dans la plupart des villes du pays (Atakpamé, Sokodé, Tchamba, Kara, etc.), la majorité des commerces ont ouvert normalement tout au long de cette journée et les commerçants ont vaqué à leurs occupations. Quelques jours plus tôt pourtant, le 1er décembre denier, plusieurs milliers de militants de l’opposition avaient pris d’assaut certaines zones du pays.

Les deux grands marchés de la ville de Lomé (Assiganmé et Hédzranawoé) étaient pourtant remplis de monde en cette journée intitulée « Togo mort ». Une surprise pour la plupart des commerçants, qui s’attendaient à voir la population répondre à l’appel lancé par l’opposition.

Mauvais timing ?

« J’ai entendu parler de l’appel de l’opposition mais en cette fin d’année, c’est une opportunité d’affaires pour nous, les commerçants. Ce serait fou de rater ça. L’opposition viendra-t-elle nous aider à solder les emprunts que nous avons contractés ? », se demande à demi-mot Koffi, un vendeur de chaussures dans le grand marché de Lomé.

Un peu plus loin, Pépé, une vendeuse de pagnes, semble du même avis : « Je ne suis pas au courant de l’opération… Dans tous les cas, je n’aurais pas fermé ma boutique car c’est mon gagne-pain », affirme la commerçante.

Dans le camp de l’opposition, on reconnaît du bout des lèvres le suivi relatif du mot d’ordre « Togo mort » : « C’est la période de fin d’année qui ne s’y prête pas. Sinon, les populations sont bien d’accord avec notre approche de boycott et vous verrez que personne n’ira voter », souligne un militant de la C14.

Ouverture de la campagne électorale

« L’appel de l’opposition est un fiasco, c’est la preuve qu’ils ne sont pas dans l’intérêt supérieur du peuple », soutient de son côté une source proche du gouvernement, qui reste ferme dans sa volonté d’organiser les élections locales et le référendum le 16 décembre, puis les législatives le 20 décembre.

La date du 4 décembre choisie par l’opposition n’était pourtant pas anodine : la campagne électorale devait officiellement démarrer à zéro heure pour les 12 partis politiques qui participent au scrutin à travers 130 listes, sur lesquelles figurent environ 850 candidats en quête, par exemple, pour 91 postes à pourvoir au Parlement. Parmi les partis politiques, on note le parti au pouvoir, l’Union pour la République (UNIR), le Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD) de l’ancien Premier ministre et opposant Agbéyomé Kodjo et l’Union des forces de changement (UFC) de l’ex-opposant historique Gilchrist Olympio.

La coalition de l’opposition multiplie depuis le 17 novembre les manifestations pour faire arrêter le processus électoral par crainte de fraudes. Elle réclame, entre autres, la recomposition de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) et la poursuite des réformes constitutionnelles et institutionnelles.

Décidées à faire échouer le processus électoral, les forces de l’opposition iront-elles jusqu’à utiliser la violence ? Kodjona Kadanga, le président de la Céni, avait en tout cas appelé le 3 décembre l’ensemble des acteurs politiques à faire une campagne électorale dans la « sécurité, l’apaisement et le calme ».

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