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À La Mecque, le grand pèlerinage musulman de plus en plus high-tech

À La Mecque, le grand pèlerinage musulman de plus en plus high-tech

Quelque deux millions de musulmans effectueront à partir de dimanche le grand pèlerinage annuel à La Mecque, le hajj. Celui-ci prend une dimension de plus en plus high-tech avec une multiplication des applications mobiles disponibles pour aider les fidèles.

Certains pèlerins poussent leurs parents âgés dans des fauteuils roulants, tandis que d'autres s'arrêtent pour avoir une discussion vidéo avec des proches à l'autre bout de la planète.

Près de 1,7 million de pèlerins sont déjà arrivés des quatre coins du monde pour effectuer le hajj, selon des chiffres officiels publiés jeudi. Les groupes portent des couleurs différentes selon leur pays d'origine, pour éviter de se perdre. Les rituels commenceront dimanche et s'étaleront jusqu'à vendredi sous un soleil brûlant avec des températures dépassant les 40°C.

Pour se retrouver dans cet événement d'une ampleur gigantesque, les pèlerins bénéficient d'un nombre croissant d'applications, en différentes langues, sur leurs téléphones portables.

Cette année, les autorités saoudiennes ont lancé une initiative appelée "smart hajj", avec des applications pour aider les pèlerins à trouver leur chemin ou obtenir des soins médicaux d'urgence auprès du Croissant-Rouge saoudien. Les autorités sont aussi en mesure de localiser les pèlerins grâce à l'application. Le ministère du Pèlerinage gère également l'application "Manasikana" qui fournit une traduction pour les fidèles ne parlant ni arabe ni anglais.

Le hajj commence par l'"Ihram", la sacralisation. Le fidèle ne doit porter que des pièces de tissu non cousues. Les femmes doivent être vêtues d'une robe ample avec seulement le visage et les mains exposées.

Les pèlerins tournent autour de la Kaaba, cette construction cubique au milieu de la Grande mosquée de La Mecque, considérée comme le saint des saints de ce lieu sacré. C'est le rite appelé le "Tawâf".

Ils se rendent ensuite sur la plaine de Mina pour effectuer l'ascension du Mont Arafat, à l'est de la Mecque, moment fort du hajj. Le pèlerinage se termine par l'Aïd al-Adha, une fête de trois jours suivie par le rituel de la "lapidation de Satan".

Le pèlerinage de 2018 s'inscrit dans un contexte de répression croissante des opposants en Arabie saoudite, une monarchie absolue qui mène pourtant une vaste campagne pour améliorer son image dans le monde avec l'annonce d'une multitude de réformes.

Le hajj intervient aussi plus d'un an après le début d'une grave crise diplomatique dans le Golfe entre le Qatar et l'Arabie saoudite et ses alliés. L'Arabie saoudite sunnite, premier exportateur mondial de pétrole, et ses alliés accusent le Qatar de soutenir des extrémistes islamistes et de se rapprocher de l'Iran chiite, grand rival de Ryad.

Cette dernière a coupé tout lien avec le Qatar, qui nie soutenir des mouvements "terroristes". Les pèlerins en provenance de cet émirat sont toutefois autorisés à entrer en Arabie saoudite pour le hajj, assure Ryad.

Des Iraniens sont aussi venus en nombre. Téhéran avait temporairement suspendu l'envoi de ses citoyens au hajj à la suite d'une gigantesque bousculade qui avait fait quelque 2.300 morts en 2015, dont des centaines d'Iraniens.

Le hajj, un énorme défi logistique, a connu plusieurs drames depuis 1987, avec des centaines de morts dans des mouvements de foule ou des affrontements entre policiers saoudiens et pèlerins iraniens qui manifestaient contre les États-Unis et Israël.

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