Securité

Nigeria: le président Buhari admet des revers de l’armée face à Boko Haram

Nigeria: le président Buhari admet des revers de l’armée face à Boko Haram

Le président nigérian Muhammadu Buhari a reconnu que l’armée essuyait des revers dans sa lutte contre le groupe jihadiste Boko Haram qui a lancé de nouvelles attaques dans le nord-est du pays.  

 

Le président Buhari avait été élu en 2015 sur la promesse de mettre un terme à l’insurrection islamiste qui a fait au moins 27.000 morts et provoqué une grave crise humanitaire avec 1,8 million de déplacés, depuis son début en 2009.

Alors qu’il s’apprête à briguer un deuxième mandat en février, une vague d’attaques, notamment contre des bases militaires, est venue contredire ses allégations répétées selon lesquelles Boko Haram était pratiquement vaincu.

Des soldats se sont par ailleurs plaints d’être moins bien équipés que les jihadistes et de ne pas avoir le moral, notamment parce que les rotation des troupes ne sont pas suffisantes et à cause d’un manque de soutien.

« La question du moral est juste », a déclaré le président Buhari, un ancien général âgé de 76 ans, dans une interview enregistrée diffusée tard lundi soir sur Arise TV, assurant que des efforts étaient déployés pour résoudre le problème.

Il a reconnu que les troupes étaient sous pression du fait de la guérilla menée par les jihadistes.

Le chef de l’Etat nigérian a fait valoir qu’il était difficile de faire face avec des moyens conventionnels aux raids et aux attentats-suicides de Boko Haram.

« Il y a vraiment ce que j’appellerais un épuisement au combat », a-t-il dit, estimant qu’un nouvel entraînement aiderait à lutter contre les tactiques employées par le groupe jihadiste.

Lundi soir, des jihadistes de la faction de Boko Haram dirigée par Abubakar Shekau ont attaqué le village de Sajeri, aux abords de Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno (nord-est), faisant trois morts.

Au même moment, des jihadistes de l’autre faction de Boko Haram, celle qui a fait allégeance à l’organisation de l’Etat islamique, ont attaqué une installation militaire à Auno, une localité située à 23 km au sud de la ville.

La multiplication des attaques a conduit à la nomination de cinq commandants différents ces deux dernières années pour diriger les opérations militaires contre Boko Haram.

A la différence de son prédécesseur Goodluck Jonathan, le président Buhari a cependant refusé de limoger ses principaux chefs militaires.

« Selon ma conception de la sécurité, quand vous êtes confrontés à une situation d’urgence, vous devez êtes prudent avec le responsable (des armées) », a-t-il dit

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