Securité

Comment Trump a plongé les fabricants d'armes dans la crise

Comment Trump a plongé les fabricants d'armes dans la crise

Remington a annoncé lundi être parvenu à un accord avec ses créanciers lui permettant de bénéficier de la protection de la loi sur les faillites (le "Chapter 11") et de réduire son endettement qui s'élève actuellement à 950 millions de dollars. 

 

Paradoxalement, l'élection de Donald Trump, fervent défenseur du deuxième amendement de la Constitution américaine, a eu un impact désastreux sur les ventes d'armes à feu aux Etats-Unis.

Fondée en 1816, Remington est le plus vieux fabricant d'armes à feu aux Etats-Unis. Deux siècles plus tard, l'entreprise de Madison en Caroline du Nord est au plus mal. En effet, Remington a annoncé lundi être parvenue à un accord avec ses créanciers lui permettant de bénéficier de la protection de la loi sur les faillites (le "Chapter 11") et de réduire son endettement qui s'élève actuellement à 950 millions de dollars, rapporte le Washington Post.

Ce projet de mise en faillite fait suite à une chute vertigineuse des ventes du fabricant d'armes, qui s'explique par plusieurs facteurs. Et l'un des coupables, c'est tout simplement Donald Trump, bien malgré lui. De prime abord, on imagine que les ventes d'armes à feu devraient plutôt bien se porter avec un président résolument "pro-guns" à la Maison Blanche. C'est pourtant tout l'inverse qui s'est produit.

Les pro-guns rassurés par l'élection de Trump
Jusqu'il y a peu, les fabricants d'armes à feu affichaient encore un large sourire. La volonté de Barack Obama de durcir la loi sur les ventes d'armes suite aux innombrables fusillades qui ont éclaté sous sa présidence avaient poussé les Américains à passer à la caisse. Une tendance qui s'est vérifiée lors de la campagne présidentielle qui ne devait, en théorie, pas échapper à Hillary Clinton, elle aussi en faveur d'une restriction.

Donald Trump a fini par émerger, rassurant les millions d'Américains pro-armes à feu. Proche de la NRA, le puissant lobby des armes "qu'il ne laissera jamais tomber", le président Trump a toujours ardemment défendu le deuxième amendement de la Constitution (qui garantit à tout citoyen américain le droit de porter des armes). Plus besoin donc pour les amateurs de se presser au magasin d'armes.

Le bad buzz Sandy Hook
Par conséquent, American Outdoor Brands a perdu près des deux tiers de sa capitalisation boursière tandis que Sturm Ruger & Company a vu la sienne chuter de 25%. Sans parler de Remington, laquelle vient donc de déposer le bilan.

Précisons tout de même qu'en ce qui concerne Remington, l'avènement de Donald Trump ne peut pas être considéré comme le seul événement responsable de sa banqueroute. L'entreprise avait déjà enregistré de grosses pertes lorsqu'il est apparu que le tireur de l'école primaire Sandy Hook s'était servi de l'un de ses fusils d'assaut pour assassiner une vingtaine d'enfants et six adultes en 2012. Des parents avaient d'ailleurs porté plainte contre l'entreprise. En 2014, la societé avait par ailleurs dû rappeler 7,5 millions de carabines pour un défaut de fabrication sur la gâchette.

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