Securité

A la Une des journaux africains: la Côte d’Ivoire fragilisée

A la Une des journaux africains: la Côte d’Ivoire fragilisée

De nombreux médias du continent reviennent en ce lundi matin sur les nouveaux incidents impliquant des militaires. C’était dans la nuit de vendredi à samedi, des soldats de la caserne du 4e bataillon d’infanterie de Korhogo ont tiré en l’air, tandis que d’autres, cette fois à Abobo, au nord d’Abidjan, s’en prenaient à des policiers. Bilan : 3 morts et 3 blessés. Trois soldats ont été interpellés dans les deux localités.

 

Cité par le site d’information Connection Ivoirienne.net, le chef d’état-major des armées, le général Sékou Touré, a prévenu : « les auteurs de tels agissements seront radiés des effectifs et mis à la disposition de la justice », appelant aussi « toutes les forces de défense et de sécurité à la vigilance. »

« Jusqu’à quand les populations ivoiriennes devront supporter les frasques de certains soldats qui n’ont de cesse de faire parler la poudre pour revendiquer ce qu’ils considèrent comme des droits non payés ? », s’interroge Fasozine à Ouagadougou.

« Ça fait trop ! Ça fait peur ! Ça suscite moult interrogations !, s’exclame Aujourd’huiEt ça nécessite une solution pérenne et définitive, en tout cas, une accalmie jusqu’à l’horizon 2020, année de la présidentielle. Au-delà des jeux de la Francophonie que veulent prendre en otage les derniers mutins, lentement, sûrement et inexorablement, c’est l’avenir politico-militaire, pour ne pas dire l’avenir tout court de la Côte d’Ivoire qui se joue au gré des sautes d’humeur d’ex-soldatesques ou assimilés. (…) En filigrane, c’est le bal mortel des prétendants au fauteuil de Ouattara qui bat son plein. »

Guerre de succession…

En effet, « derrière ces mutineries répétées pourraient se cacher des mains politiques, affirme Le Pays toujours au Burkina, des mains politiques qui ont intérêt à pourrir le dernier mandat de l’enfant de Kong pour mieux se positionner dans la perspective de la présidentielle de 2020. (…) Et l’on peut craindre que les politiciens se servent de la Grande muette pour se régler les comptes. Un tel scénario ne ferait que replonger la Côte d’Ivoire dans l’enfer. Et partant, c’est l’ensemble du peuple ivoirien qui risque de trinquer. Au-delà, c’est l’ensemble de la sous-région dont la Côte d’Ivoire est la locomotive, qui pourrait en payer les pots cassés. Et ce qui fait redouter davantage ce scénario-catastrophe, pointe encore Le Pays, c’est que le compromis politique trouvé entre le RDR et le PDCI, et grâce auquel ADO a pu avoir un répit pour gouverner la Côte d’Ivoire, a pratiquement volé en éclats. Les alliés d’hier sont en train de se regarder en chiens de faïence aujourd’hui. Et pour ne pas arranger les choses, au sein même du RDR, le parti d’ADO, la suspicion s’est installée. »

Fin de mandat mouvementée ?

C’est vrai, complète le site d’information Wakat Séra, « depuis qu’il a annoncé qu’il ne briguerait pas de troisième mandat, le président Ouattara ne connaît plus la paix. La température a davantage grimpé avec les modifications constitutionnelles opérées sous la houlette de celui qui est passé de 'ADO la solution', slogan de sa campagne électorale, à 'ADO le problème'. Le train de la réconciliation nationale n’a jamais quitté la gare. Pire, poursuit Wakat Séra, les réformes institutionnelles qui ont créé un poste de vice-président et ont par ricochet dépouillé le président de l’Assemblée nationale de l’attribut de dauphin constitutionnel sont passées par là, tout comme les dernières fatwas contre les proches de Guillaume Soro, ou du PDCI, limogés à tour de bras… La guerre désormais ouverte entre Ouattara et Soro et surtout les suspicions de trahison entre anciens alliés du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix sont autant d’ingrédients qui donnent des nuits blanches au président ivoirien. Cela ne fait plus l’ombre d’un doute, conclut le site burkinabé, Alassane Ouattara connaîtra une fin de mandat très mouvementée et au lieu de sortir triomphalement de l’arène, où ses soutiens d’hier sont en train de l’abandonner, il pourrait bien quitter les affaires par la plus petite des portes. »

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