Santé

Vers l’établissement de cartes de risques sanitaires pour la Côte d’Ivoire

Vers l’établissement de cartes de risques sanitaires pour la Côte d’Ivoire

Des chercheurs ivoiriens, à travers le projet Pollution de l’air et santé dans les milieux urbains de Côte d’Ivoire (PASMU), œuvrent à l’établissement à terme, de cartes de risques sanitaires pour le pays, a assuré vendredi le coordonnateur du projet, Pr Yoboué Véronique.

 

 

Elle a expliqué lors du lancement de ce projet au pôle scientifique et d’innovation de l’Université Félix Houphouët-Boigny à Bingerville, que ce projet vise à créer un réseau d’observation long-terme pour étudier la pollution atmosphérique en lien avec l’état de santé des populations d’Abidjan et de Korhogo.

« Ce projet est en fait la continuité d’un ancien projet européen qu’on a avait eu, qui a traité de la même thématique. Quand on parle de pollution et de santé, trois ans ce n’est pas assez, il faut faire au moins 10 ans pour bien voir les impacts côté santé. Il va nous permettre de faire des mesures de pollution gazeuse et particulaire, espérant que six ans après on aura un autre projet », a expliqué Pr Yoboué.

Selon elle, au-delà de la problématique des feux de brousse en Afrique qui polluent beaucoup en zone rurales, en milieu urbain, le problème de la pollution est impressionnant. «En milieu urbain, on a un gros problème de pollution dû aux activités humaines, notamment le trafic des véhicules avec un parking vétuste, un fuel de mauvaise qualité, les +France au revoir+ (véhicule d’occasion, ndlr). Cette pollution est surtout due aux particules fines qui impactent la santé », a-t-elle assuré.

« Il nous faut pouvoir arriver à circonscrire les maladies respiratoire, le cancer, les maladies cardiovasculaires, de la peau (…) », a insisté Yoboué Véronique.

Pour Luc Séguis, représentant le représentant résident de l’Institut de recherche et de développement (IRD) en Côte d’Ivoire, le problème de la pollution est à prendre avec le plus grand sérieux. « C’est un problème qui concerne la Côte d’Ivoire mais plus globalement toute l’Afrique qui sera le moteur de la croissance », a-t-il indiqué. Il a estimé qu’au-delà de ces trois années, l’instauration en Côte d’Ivoire de structures pérennes sera très intéressante pour l’observation dans le développement des villes.

Le doyen de l’UFR sciences de la structure de la matière et technologie, Pr Adjou Ané, procédant au lancement du projet, a estimé qu’il vient à point nommé au regard de l’actualité, notamment la floraison de véhicules d’occasion importées en Côte d’Ivoire. « C’est le troisième projet que notre UFR héberge et nous sommes heureux de voir la participation de nos chercheurs dans le cadre de ce projet », a-t-il déclaré.

Le PASMU est financé par le contrat de désendettement et de développement (C2D), géré par l’AFD et accompagné par l’Institut de recherche et de développement dans sa mise en œuvre. Il a, à hauteur de 60 millions de FCFA, permis l’achat de matériel pour des analyses sur la pollution.

 

 

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