Portrait

Sékou Touré : le fils de la Guinée qui a dit « Non » aux colons français

Sékou Touré : le fils de la Guinée qui a dit « Non » aux colons français

Né le 9 janvier 1922 à Farhana, Guinée Conakry, à l’époque Guinée Française, Ahmed Sékou Touré reste indélébilement une figure importante de la lutte contre le colon en Afrique de l’Ouest. Il est connu pour être un franc défenseur du Panafricanisme et surtout pour avoir dit « Non » à la France dès l’indépendance de son pays. Il a été le premier président de la Guinée de 1958 jusqu’à sa mort en 1984.

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34 ans après sa mort, le nom de Sékou Hamed Touré reste gravé dans les esprits de nombreux Africains. Membre de l'aristocratie de l’ethne Mandingue, il a pour grand-mère maternelle Bagbè Ramata Touré-Fadiga, une des filles de l'Almamy Samory Touré (1830-1900). Sékou Touré est le fils d'Alpha, fermier Malinké et Aminata Touré. Il fréquente des écoles coraniques et des établissements français. Le jeune Sékou étudie au lycée technique de Georges Poiret de Conakry, d'où il est expulsé à l'âge de 15 ans pour avoir mené une protestation contre la nourriture servie à l'école.

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Avant l'indépendance, Sékou Touré travaille pour les services postaux (PTT) mais il est bloqué dans son ascension professionnelle et ne peut accéder aux postes de responsabilité auxquels il aspire. Il reste donc simple responsable des postes, mais s'investit dans le syndicalisme en devenant l’un des meneurs de la jeune génération guinéenne. En 1945, il devient le secrétaire général du syndicat des postiers. En 1956, Sékou Ahmed Touré est élu député de la Guinée à l'Assemblée nationale française et maire de Conakry sous la bannière du RDA. Il profite de cette position pour lancer des critiques pointues du régime colonial.

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Dès son ascension au pouvoir, les débuts de la présidence de Sékou Ahmed Touré sont marqués par une politique marxiste, avec la nationalisation des entreprises étrangères et une économie fortement planifiée. Sékou remporte le Prix Lénine pour la paix en 1961. La France mène alors une guerre économique contre son ancienne colonie. Les services secrets français vont notamment répandre de faux billets de francs CFA dans le pays pour déstabiliser la Guinée monétairement.

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Ses premières actions pour rejeter les Français puis pour s'approprier la richesse et les terres agricoles des propriétaires traditionnels, irritent de nombreux acteurs puissants, mais l'échec de son gouvernement à fournir des capacités économiques ou des droits démocratiques, encore plus. Alors qu'il est encore admiré dans beaucoup de pays en Afrique et dans le mouvement panafricain, de nombreux Guinéens, des militants de gauche et de droite en Europe deviennent très critiques envers le régime de Touré en particulier quant à son échec à instituer une véritable démocratie.

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Dès 1965 et ce jusqu’à 1975 (pendant 10 ans), Sékou Hamed Touré a rompu toutes ses relations avec la France, l’ancienne puissance coloniale. Les frictions entre le pays du général De Gaulle et la Guinée sont fréquentes. Face aux tentatives de renversement, Sékou Touré  accuse les autorités françaises, la Côte-d'Ivoire ou le Sénégal d'être l'auteur. Il répond par une répression contre l'opposition. Craignant une intervention militaire de l'ancien colonisateur, le chef d'État se rapproche du camp socialiste, bénéficiant d'aides chinoises et soviétiques.

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Le 20 mars 1984, après de nombreux déplacements pour l'organisation du 20e sommet de l'Organisation de l'unité africaine, il conclut le congrès des syndicats du CEDEAO en déclarant « Je resterai syndicaliste jusqu’à ma mort ». Quelques heures plus tard, il est pris de forts malaises. Des médecins marocains affrétés par le roi Hassan II diagnostiquent de sérieux problèmes cardiaques.

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Le 24 mars, des cardiologues américains découvrent un anévrisme de l'aorte. L'Arabie Saoudite dépêche aussitôt un avion-hôpital pour l'emmener à Cleveland aux Etats-Unis. C’est là-bas qu’il rend l’âme le 26 mars 1984 à 15h23 à Cleveland (Ohio), aux États-Unis, ce au cours d'une opération de chirurgie cardiaque. Sa dépouille est rapatriée le 28 mars et exposée pendant 2 jours au palais présidentiel. Il est inhumé le 30 mars au mausolée de Camayenne.

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