Portrait

L’Almamy Samory Touré : Le cauchemar des colons français

L’Almamy Samory Touré : Le cauchemar des colons français

Il fut sans doute l'adversaire le plus redoutable que les Français eurent à affronter en Afrique de l'Ouest. Raison pour laquelle, le nom de Samory Touré figure en lettres d'or dans l'histoire nationaliste post-coloniale africaine. Cet Almamy est resté célèbre pour avoir tenu tête de façon farouche aux colons, qui l'ont finalement capturé dans la ville de Guélémou. Envoyé en exil au Gabon, il est mort en captivité le 2 juin 1990. Retour sur la vie d’un Almamy pas comme les autres qui constituait le cauchemar des colons français.

 

Samory Touré est né vers 1833 dans le village de Miniambaladougou, situé au sud-est de la Guinée Conakry. Fils de commerçants, marchands dioula, il grandit dans une Afrique de l’Ouest en pleine mutation du fait du nombre croissant de contacts avec les Européens.

Le commerce avec l’Europe avait rendu riches certains États africains pendant qu’une utilisation croissante des armes à feu modifie la guerre traditionnelle.

Ses parents avaient abjuré l’islam pour se convertir au paganisme.

A la suite de la capture de sa mère, Sokhona Camara, lors d'un raid mené par Sory Bourama (d'un clan ennemi, les Cissé), le jeune Samory Touré s’engage dans l’armée afin de libérer sa génitrice réduite en esclavage. Il s’est mis au service du clan Cissé auprès desquels il apprend le maniement des armes. D'après la tradition, il reste à leur service pendant plus de 7 ans.

Samory Touré devenu un adepte des armes s'engage ensuite pour deux ans dans les rangs de Saransware-Mori . Celui-ci était à la tête de l’armée des Bérété, ennemis des Cissé. Samory y est nommé chef de guerre.

En 1861, il prête serment de protéger son peuple contre les Bérété et les Cissé. Il crée alors une armée professionnelle et nomme ses proches, notamment ses frères et amis d'enfance, à des postes de commandement. Naît ainsi l’Almamy Samory Touré! 

Il devient le cauchemar des colons français. Son armée a remporté plusieurs batailles contre celle des colonisateurs. Il était à la tête de 30 000 à 35 000 hommes.

Si le chef de guerre est impressionné par la discipline et la puissance de feu des armées européennes, il essaie malgré tout de neutraliser les Français par plusieurs moyens. Les batailles se multiplient entre ses forces et l’armée des colons français, qui était bien décidées à en finir avec lui.

Affaibli par les nombreux combats, l’Almamy et ses hommes  pratiquent une politique de la terre brûlée, dévastant chaque parcelle de terrain qu'ils évacuent. Samory se replie vers l'est, vers les fleuves Bandama et Comoé.

Dès lors, sa présence est négligée par l'armée française, dans la mesure où le nouvel établissement de Samory ne constitue plus un obstacle à la politique coloniale française.

Le combat avec l'armée des "blancs'' tournant à son désavantage, Samory préfère négocier. Le 28 mars 1886, il signe avec les Français un traité de paix et de commerce qui reconnait, sur la rive gauche du Niger, une importante zone d'influence française.

Il est finalement capturé le 29 septembre 1898 à Guélémou en Côte d’Ivoire, avant d’être envoyé en exil vers le Gabon. L’almamy Samory Touré mourra en captivité des suites d’une pneumonie. Une chose reste certaine, Samory fut sans doute l'adversaire le plus redoutable que les Français eurent à affronter en Afrique de l'Ouest.

 

 

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