Portrait

Général Kassaraté, l’« enfant » de Saint-Cyr tombé face à la maladie!

Général Kassaraté, l’« enfant » de Saint-Cyr tombé face à la maladie!

Le 13 juillet 2018, le monde a appris avec étonnement le décès du général Edouard Kassaraté des suites d’un accident vasculaire-cérébral. Celui qui a été entre autre vice-président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, ambassadeur, chef d’Etat-major de la gendarmerie nationale est parti dans le ventre mou de la nuit.

Vice-président du PDCI

"Je voulais vous présenter le général Kassaraté Tiapé Édouard qui de retour au pays a accepté de se mettre à la disposition du président Henri Konan Bédié et décidé de prendre sa place au sein du PDCI-RDA", avait annoncé le secrétaire exécutif en chef du parti septuagénaire, Maurice Kacou Guikahué, lors d’une cérémonie à Bouaflé en novembre 2017.

Le rôle du général en tant que vice-président du PDCI était de consolider l’implantation du parti dans sa région d’origine en vue des prochaines échéances électorales.

Etudes, diplômes et stages

Ressortissant de Tabou, Edouard Kassaraté a vu le jour en 1950 à Abidjan mais, il fait ses études primaires à Tabou. Puis à 20 ans, il obtient le baccalauréat série lettres à l’école militaire Saint-Louis du Sénégal où il avait été admis en 1963. Le Bac en poche, il s’envole pour la France plus précisément au lycée polyvalent mixte de Toulon.

Il part de cet établissement avec succès et rejoint l’école de formation des officiers de Saint-Cyr, le prestigieux établissement militaire. Sept ans après son arrivée en France, M. Kassaraté obtient le certificat de science criminelle à la Faculté de droit de Paris. De là, il part pour l’Allemagne où il décroche un diplôme à l’Institut supérieur de langues.

De retour en Côte d’Ivoire, Edouard Kassaraté entre à l’Ecole nationale d’administration (ENA) de 1985 à 1986, pour une formation au cycle des officiers option diplomatie. Néanmoins, il fait plusieurs stages après sa formation d’officier à Saint-Cyr, notamment à l’école d’application de l’arme blindée et cavalerie et au Cours supérieur des officiers de gendarmerie, au Cours de capitaine à l’école de cavalerie, au Cours d’état-major, à l’école d’état-major en Allemagne, au Cours supérieur d’état-major à l’école militaire Paris, à l’Ecole supérieure de guerre toujours à Paris et au FBI à Washington.

Le retour en Côte d’Ivoire Dans son pays, le général Kassaraté exerce diverses fonctions dans la gendarmerie. De 1977 à 1978, il a été commandant du peloton de gendarmerie de Dimbokro. Puis respectivement, commandant de l'escadron blindé de gendarmerie de 1978 à 1990 et de 1990 à 1993, commandant de la compagnie de gendarmerie de Séguéla. Ensuite, de 1993 à 1994, adjoint commandant légion gendarmerie de Korhogo ; de 1996 à 1999, officier à l’ex-Conseil national de sécurité. A l’avènement de Laurent Gbagbo à la tête de l’Exécutif ivoirien en 2000, Edouard Kassaraté est le commandant de la 3e légion de gendarmerie de Bouaké puis commandant supérieur de la gendarmerie.

Commandant du palais présidentiel,  ambassadeur et témoignage à la CPI 

En 2005, le chef de l’Etat ivoirien le nomme en tant que commandant militaire du palais de la présidence de la République.

Suite à la crise postélectorale de décembre 2010 à avril 2011 qui a fait officiellement 3 000 morts et vu la chute de Laurent Gbagbo, incarcéré depuis novembre 2011 à la Cour pénale internationale, Edouard Kassaraté fait allégeance à Alassane Ouattara, le nouveau président de la République.

Après sa prise de pouvoir, M. Ouattara le nomme ambassadeur au Sénégal. En 2017, il est rappelé pour consultation.

Le général Kassaraté a aussi été témoin dans le procès de Laurent qui se tient à la CPI. "Le 03 avril 2011, de façon personnelle, j'étais allé à la résidence présidentielle pour demander au président Laurent Gbagbo de remettre le pouvoir au président Alassane Ouattara. Parce que j'avais constaté qu'il y a des généraux qui n'étaient pas à leurs postes", a-t-il dit en tant que témoin de l’accusation dans le procès de Laurent Gbagbo à la CPI en 2017.

Malheureusement, le 13 juillet 2018, le général Kassaraté est emporté par une crise d’AVC dans une clinique à Abidjan.

 

 

 

 

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