Politique

Unité autour de Ouattara : UDPCI, PDCI, RDR, MFA d’accord, y a rien en face en 2015

Unité autour de Ouattara : UDPCI, PDCI, RDR, MFA d’accord, y a rien en face en 2015

Le sujet déchainait des passions. Son évolution faisait même craindre un échec tant les positions des détracteurs se radicalisaient. Mais, depuis le mercredi 17 septembre 2014, les divergences sur la candidature unique au RHDP et singulièrement sur le soutien à apporter au Président Ouattara pour un second mandat qu’il sollicite, relèvent désormais d’un lointain souvenir.

Les leaders du RHDP se sont définitivement accordés sur la question. Ouvrant ainsi les portes d’une victoire certaine de leur coalition à la prochaine Présidentielle. Décryptage.
Allons-nous vers un remake du second tour de la Présidentielle de 2010 ? Assurément, oui ! Mais, à quelques différences près. Car, cette fois, il y a peu de chance d’attendre un second tour pour faire des reports de voix, de même que le risque d’une impasse susceptible de déboucher sur un conflit politico-armé est quasi nul. Les partis membres de l’alliance des Houphouétistes le veulent ainsi. Et ils ont, pour ce faire, harmonisé leur point de vue sur la question. La candidature unique se fera en leur sein. Mieux, elle portera sur le Président Alassane Ouattara qui sollicite un second mandat. Le Président Henri Konan Bédié, dernier leader dont l’accord sur ce projet était très attendu, a publiquement donné son OK le mercredi 17 septembre 2014, depuis sa ville natale, Daoukro. ‘’Je donne des orientations fermes pour soutenir ta candidature (Ndlr, celle de Ouattara) à l’élection présidentielle prochaine. Je demande à toutes les structures du parti démocratique de Côte d’Ivoire et des partis composant le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), de se mettre en mouvement pour faire aboutir ce projet. Tu seras ainsi le candidat unique de ces partis politiques pour l’élection présidentielle de 2015, sans préjudice pour les irréductibles qui voudront se présenter en leur nom propre. L’objectif d’une telle candidature est double : d’abord, assurer le succès du RHDP aux élections de 2015 dans l’intérêt de la Côte d’Ivoire et de la paix. Ensuite, aboutir à un parti unifié, PDCI-RDR, pour gouverner la Côte d’Ivoire, étant entendu que ces deux partis sauront établir entre eux, l’alternance au pouvoir dès 2020’’, a déclaré Henri Konan Bédié le leader du PDCI, mettant ainsi fin au débat sur la candidature unique auquel les rumeurs avançaient que lui et son parti étaient peu favorables. La plus vieille des formations politiques ivoiriennes, par la voix de son chef, rejoint ainsi l’UDPCI initiatrice et promotrice de cette idée. Qui, il faut le souligner, a fini par convaincre les uns et les autres sur l’importance d’une unité autour du Président Ouattara dans la perspective de la Présidentielle de 2015. En tout cas, et ce n’est pas pécher de le penser, ce rassemblement nouveau des Houphouétistes qui, comme le dit le président Bédié débouchera sur un parti unifié, sonne le glas de l’opposition menée par le FPI. 

L’opposition à la peine
Le principal parti d’opposition le FPI, n’est plus que l’ombre de lui-même depuis son éviction du pouvoir d’Etat pour les raisons connues de tous, et surtout depuis qu’il est séparé de son chef, Laurent Gbagbo, reclus à la Haye. L’AFDI, coalition conduite par le Front populaire ivoirien et qui devrait équilibrer la balance, est toujours à la recherche d’une marque. Des divisions profondes en son sein l’affectent, au point de porter un sérieux coup à sa survie. Cette opposition souffre, entre autres, de manque de cohésion, de problèmes de leadership, de guerre de positionnement, de difficultés des animateurs à s’accorder sur les sujets vitaux. Notamment leur participation ou non au jeu politique. Ce malaise est si profond qu’il a déjà causé des saignées. Des cadres, des militants et des sympathisants qui n’avaient pas de visibilité, ont décidé de rompre les amarres d’avec leurs camarades. Ce sont Mamadou Koulibaly, l’ancien n°2 du régime FPI, aujourd’hui à la tête de LIDER, puis Gervais Coulibaly, président de CAP-UDD, et, dernièrement, Zadi Djédjé qui a créé le FPU. Aujourd’hui, la crise au FPI prend de l’ampleur avec la contestation du président Affi N’Guessan. A qui il est reproché de mener une politique qui fait le lit à l’Administration Ouattara. Cette déchirure qui s’élargit de plus en plus, fait dire à nombre d’observateurs que l’implosion du Front n’est plus qu’une question de semaines. 

Une victoire est certaine 
De toute évidence, la descente aux enfers du FPI et de ses alliés est à l’avantage des héritiers d’Houphouët. L’opposition étant dans la tourmente, ils ont toutes les cartes en main et sont assurés de remporter haut la main, les élections de 2015. Eux qui, au regard des résultats du second tour de la Présidentielle de 2010, avaient déjà fait une démonstration de force en obtenant 54,10 % des voix. Aujourd’hui, avec l’unité retrouvée, la victoire est plus qu’assurée. Au premier tour, peut-on l’affirmer sans risque de tromper. Pour emprunter ce slogan cher à l’ex-galaxie patriotique, pour 2015, ‘’ y a rien en face !’’

RICHARD YASSEU

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