Politique

Un projet de loi pour l'égalité successorale en Tunisie

Un projet de loi pour l'égalité successorale en Tunisie

Le président tunisien veut une égalité successorale "par défaut".  

 

Les manifestations de la semaine dernière en Tunisie étaient pour la rue un moyen d'inviter le gouvernement à revoir sa copie en ce qui concerne deux projets de loi au cœur du mécontentement des tunisiens.

 

Il s'agit notamment de la loi sur la succession et la légalisation de l'homosexualité.

 

Samedi, une manifestation contre ces différents projets a rassemblé des milliers de personnes devant le Parlement tunisien, certains brandissant le Coran, aux cris de "avec notre sang, nous défendrons l'Islam".

 

 

Face à la grogne, le président tunisien Béji Caïd Essebsi a annoncé lundi le dépôt d'un projet de loi faisant de l'égalité entre homme et femme "le principe par défaut" lors de la répartition de l'héritage.

 

"Je propose de faire de l'égalité dans l'héritage une loi", a-t-il déclaré dans un discours télévisé à l'occasion de la journée de la femme tunisienne.

L'annonce survient alors que le parti au pouvoir, Nidaa Tounès, fondé par M. Caïd Essebsi en 2012, est profondément secoué par un bras de fer au sein de sa direction à l'approche des scrutins législatif et présidentiel prévus en 2019.

 

Le projet de loi sur la succession et l'accès à l'héritage devrait être présenté aux députés dès la fin des vacances parlementaires.

 

La loi actuelle sur la succession qui s'appuie sur le droit islamique, prévoit qu'en règle générale, un homme hérite le double d'une femme du même degré de parenté.

 

Cette mesure touchant un principe inspiré du Coran et appliqué dans de nombreux pays arabes, est l'une des plus débattues parmi une série de réformes sociétales proposées par la Commission pour les libertés individuelles et l'égalité (Colibe).

 

"On va inverser la situation", a précisé M. Caïd Essebsi, en faisant de l'égalité la règle et de l'inégalité une dérogation.

 

"C'est mon devoir en tant que président de tous les Tunisiens, de rassembler et non de diviser", a-t-il indiqué pour justifier que la loi laisserait la possibilité au testateur "soit d'appliquer la Constitution soit de choisir la liberté" dans la répartition de son héritage.

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