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Un autre front s'ouvre au PDCI: gros risque de division

 Un autre front s'ouvre au PDCI: gros risque de division

Le PDCI court vers l'entame d'une nouvelle guerre de positionnement en son sein, toujours pour la Présidentielle de 2020 en Côte d’Ivoire. Après la vague des déportés au RHDP, cette guerre qui pourrait définitivement l’affaisser opposera Jean-Louis Billon à Henri Konan Bédié. Analyse…

On le sait, depuis qu’il a été ministre du Commerce le 22 novembre 2012 jusqu’au 10 janvier 2017, les ambitions politiques de Jean-Louis Billon se sont décuplées. L’homme jusqu’alors cantonné à la gestion des entreprises de sa riche famille a découvert une autre forme de jouissance dans les fonctions officielles en Côte d’Ivoire. Il adore désormais l’action publique et veut par tous les moyens l’exercer au très haut niveau. Il songe pour ce faire au poste de Président de la République.

Si Jean-Louis Billon encourage la séparation PDCI - RDR, donc la division du RHDP, c’est parce qu’il sait avant tout qu’avec les deux forces réunies, ses chances de devenir candidat à l’élection présidentielle de 2020 pour le compte d’un grand parti politique sont inexistantes. Dès lors, il croit dur comme fer que le divorce entre ténors du RHDP participe à la construction de son destin national.

Les récurrentes diatribes du ministre Jean-Louis Billon depuis sa sortie du gouvernement est pour lui une façon de montrer qu’il en a, et qu’il peut faire face à l’adversité dans la défense des intérêts du PDCI, clairement une façon pour lui de se mettre en avant. Là où il y a un problème, c’est que les risques qu’il prend en se mettant autant en première ligne ne lui garantissent en rien d’être le prochain candidat du parti pour porter l’alternance tant souhaitée par Henri Konan Bédié à la tête de la Côte d'Ivoire.

Présidentielle de 2020, nouvelle pomme de discorde au PDCI

C’est d’ailleurs cette incertitude sur son avenir au PDCI qui va déclencher la prochaine bataille au sein du parti. Jean-Louis Billon (53 ans) qui se considère comme l’avenir du parti s’attaque donc à toute idée d’une prochaine candidature d’Henri Konan Bédié (84 ans) à la Présidentielle de 2020. Face à l’ingrat salaire de sa docilité envers le Phénix de Daoukro, la tête d’affiche qu’il est de la jeunesse du parti d’Houphouët semble prêt à en découdre, y compris avec chef si toutefois ce dernier se dressait en travers de son chemin. Il s'y est d'ailleurs essayé par le passé avant d’entrer dans le rang.

Gnamien Yao, Grand Conférencier du PDCI, comme pour lancer un pavé dans la marre, a confié "En 2020, Bédié d'abord et avant tout."

Réplique immédiate de Jean-Louis Billon à qui cette question donne des boutons. « Bédié n’a à aucun moment fait allusion à sa candidature personnelle », a-t-il fait remarquer.

Gnamien Yao se sent alors obligé de clarifier les choses, quitte à faire perdre toute de suite ses illusions au ministre Billon. Il révele donc ce qui pourrait être un secret de longue date : «Mesdames, Messieurs, Militants et Militantes du PDCI-RDA. Je tiens à préciser que Monsieur le Ministre Jean-Louis Billon n’est pas dans les confidences du Président Henri Konan BEDIE en ce qui concerne sa candidature ou non à la Présidentielle de 2020. Je sais très bien de quoi je parle. Je rappelle à toutes fins utiles que dans un Parti politique comme le PDCI-RDA, avec ses 72 ans d’expérience et de pratiques de la désignation de son Candidat à l’élection présidentielle, le premier des candidats à la Présidentielle est d’abord et avant tout le Président du Parti."

Cette question de la Présidentielle de 2020 va faire des ravages au PDCI puisque pour le ministre Jean-Louis Billon, il n’est plus question de laisser des personnes qui ont déjà vécu leur époque vivre en plus celles de leurs enfants et même de leurs petits enfants. Il ne compte donc pas rester les bras croisés sur cette question puisqu’il n’occupe le terrain médiatique au PDCI pour apparaitre, lorsqu’il sera temps, comme son candidat naturel à cette fameuse élection de 2020.

Après la dissidence des « adjoumanistes », le PDCI court clairement vers la découvrir des « billonnistes » si Bédié ne clarifie pas très vite la situation.

Cette Côte d'Ivoire des grands leaders

Billon devra cependant bien observer l’environnement politique en Côte d’Ivoire avant de faire de doux rêves. Aucun grand leader ivoirien, aussi bien au FPI qu’au RDR, ou même au PDCI auquel il appartient, d’Houphouët à Bédié, n’a jamais fait de passe à aucun de ces jeunes. Si Mamadou Koulibaly s’en est allé du parti de Laurent Gbagbo après sa perte du pouvoir, c’est parce qu’il savait qu’il ne bénéficierait jamais de la passe qui lui a été miroitée par le poste de Président de l’Assemblée Nationale qu’il occupait sous la Réfondation.

Blé Goudé, dans le même camp, en sait quelque chose lui aussi. À chaque fois qu’il s’était ouvert à l’idée d’assumer des responsabilités plus concrètes que celle de rameuter les foules, il s’est trouvé des personnes dans le sérail de Laurent Gbagbo pour dénoncer son impatience. Dans la politique ivoirienne, les « Tontons » aiment bien avoir leurs bons petits à leur disposition, pas pour s’en substituer.

La preuve est donnée au RDR où Soro Guillaume se demande encore par qui, par quel moyen et à quel moment il a été éjecté des trois mètres du Président Ouattara ?

Les grands leaders politiques ivoiriens auraient pourtant pu choisir très tôt qui ils comptent rendre présidentiable dans leur camp. Cela permet à ces personnes de se préparer à la fonction et travailler à renforcer l’unanimité autour d’elles par des actions communes de tous les cadres du parti envers les militants.

Il n’en sera rien au PDCI puisque Henri Konan Bédié est mystérieux sur la question de sa candidature à la prochaine élection présidentielle. Laurent Gbagbo, depuis La Haye, fait de cette question un vrai fétiche qu'il ne faut surtout pas devoiler au grand jour. Alassane Ouattara laisse lui aussi couler, préférant laisser les évenements juger de son avenir.

Mais une chose est certaines, si Bédié venait à se lancer dans la bataille, le Président Alassane Ouattara, qui semble conditionner son retrait de la présidence au renoncement de Bédié à une candidature en 2020, pourrait lui aussi viser un troisième mandat. Et si Laurent Gbagbo venait à recouvrer sa liberté avant cette échéance 2020, 2010 pourrait se rejouer cette année-là avec les très exactement les mêmes acteurs. Les bons petits devront alors se blinder de patience.



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