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Trump a été "dangereux et faible" face à Poutine

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Le président américain Donald Trump, qui a refusé de condamner Moscou pour son ingérence dans la campagne présidentielle américaine lors de son sommet avec Vladimir Poutine, a assuré avoir une "immense confiance" dans le renseignement américain. Une réponse pas suffisante pour faire taire les nombreuses critiques. Son attitude face à son homologue russe a notamment été qualifée de "honteuse".

"La Maison Blanche est maintenant confrontée à une seule, sinistre question: qu'est-ce qui peut bien pousser Donald Trump à mettre les intérêts de la Russie au-dessus de ceux des Etats-Unis", a-t-il écrit sur Twitter après la conférence de presse commune des deux dirigeants à Helsinki. 

"Des millions d'Américains vont continuer à se demander si la seule explication possible à ce comportement dangereux est la possibilité que le président Poutine possède des informations nuisibles sur le président Trump."

Le locataire de la Maison Blanche s'en est pris, aux côtés du maître du Kremlin, à l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'ingérence russe dans la présidentielle qui l'a porté au pouvoir, et a semblé mettre sur le même plan les accusations du renseignement américain en ce sens et les dénégations de Vladimir Poutine.

"Performance honteuse"
"Dans toute l'histoire de notre pays, les Américains n'avaient jamais vu un président des Etats-Unis soutenir un adversaire de l'Amérique comme Donald Trump vient de soutenir le président Poutine", a déploré Chuck Schumer.

"Pour le président des Etats-Unis, être du côté du président Poutine contre les forces de l'ordre américaines, les responsables de la défense américains, et les agences du renseignement américain est irréfléchi, dangereux et faible", a-t-il estimé.

Durant toute sa tournée européenne, "jusqu'à sa performance honteuse à la conférence de presse" avec Vladimir Poutine, "Donald Trump a renforcé nos adversaires tout en affaiblissant notre défense et celle de nos alliés", a encore affirmé le ténor démocrate.

Nous avons été clairs sur nos évaluations de l'ingérence russe dans l'élection de 2016 et des efforts (russes) pour saper notre démocratie, et nous continuerons à fournir un renseignement exact et objectif pour soutenir notre sécurité nationale", a affirmé Dan Coats Coats, le directeur du renseignement américain, dans un communiqué.

"Le président Trump a raté une occasion de tenir la Russie clairement responsable pour son ingérence dans les élections de 2016 et de lancer un avertissement ferme au sujet des prochains scrutins", a regretté le sénateur Lindsey Graham sur Twitter.

"Cette réponse du président Trump sera considérée par la Russie comme un signe de faiblesse", a ajouté cet élu souvent en phase avec le milliardaire républicain.

Un autre sénateur républicain plus régulièrement critique à l'égard de Donald Trump, Jeff Flake, a estimé que ses propos étaient "une honte". "Je n'aurais jamais pensé voir un jour notre président américain se tenir à côté du président russe et mettre en cause les Etats-Unis pour l'agression russe", a-t-il tweeté.

De nombreux élus démocrates ont aussi condamné les prises de positions du président des Etats-Unis.

"Donald Trump avait l'occasion de tenir tête à Poutine. Aujourd'hui, moins de 72 heures après l'inculpation de 12 nouveaux responsables russes par le ministère de la Justice pour l'attaque contre les élections de 2016, il accuse... les deux pays", a ainsi regretté la chef de l'opposition démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

"Trump continue de vendre les USA à la Russie"

Donald Trump continue de vendre les Etats-Unis à Poutine et à la Russie", "échouer à défendre les Etats-Unis est à la limite de la trahison", a renchéri le représentant Jimmy Gomez.

Le locataire de la Maison Blanche s'en est pris, aux côtés du maître du Kremlin, à l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'ingérence russe présumée dans la présidentielle qui l'a porté au pouvoir, et a semblé mettre sur le même plan les accusations du renseignement américain en ce sens et les dénégations de Vladimir Poutine.

L'ancien patron de la CIA John Brennan, en poste de 2013 à 2017, a estimé que la "performance" de Donald Trump à Helsinki était "rien de moins qu'un acte de trahison". "Non seulement les propos de Trump étaient imbéciles, mais il est totalement dans les mains de Poutine", a-t-il tweeté, avant de demander: "Patriotes républicains, où êtes vous? ".

"Comme je l'ai dit aujourd'hui et à plusieurs reprises auparavant, j'ai une IMMENSE confiance dans MES agents du renseignement. Toutefois, je dois aussi reconnaître qu'afin de construire un avenir meilleur, nous ne pouvons pas nous tourner exclusivement vers le passé - étant les deux plus grandes puissances nucléaires mondiales, nous devons nous entendre! ", a tweeté M. Trump, très critiqué jusque chez les républicains pour avoir traité son homologue russe en allié plutôt qu'en adversaire.

Poutine: "Trump est compétent"


"C'est une personne très compétente, il connaît les dossiers, il écoute et prend note des arguments", a déclaré le président russe dans une interview accordée à la première chaîne publique russe après une conférence de presse conjointe avec M. Trump. 

"Sur certaines questions, il s'en tient à ses opinions", a-t-il poursuivi en citant à titre d'exemple la décision du président américain de quitter unilatéralement l'accord sur le nucléaire iranien. 

Le président américain est un "interlocuteur intéressant", a ajouté M. Poutine l'issue d'un tête-à-tête de deux heures à Helsinki.

"Tout le monde pense que c'est uniquement un homme d'affaires. Je ne pense pas que ce soit vrai parce que c'est déjà un homme politique", a dit M. Poutine 

"Il sait écouter et entendre ce que les électeurs ou le public attendent de lui, il fait un bon travail la-dessus", a-t-il ajouté. 

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