Politique

Résistance patriotique/ Le RDR à l’école de Charles Blé Goudé

Résistance patriotique/ Le RDR à l’école de Charles Blé Goudé

A l’instar de Charles Blé Goudé defendant par l’usage des demonstrations pacifiques et populaires le régime Gbagbo en 2002 face à la rebellion, le Rassemblement des Républicains (RDR) entend user de cette même voie pour sortir son mentor Alassane Ouattara des griffes de ses propres mutins. A la différence de Blé Goudé, la tâche s’annonce perilleuse pour le parti au pouvoir.

De sa cellule à la prison de Scheveningen, Charles Blé Goudé doit certainement rire d’Amadou Soumahoro, secrétaire général du RDR qui s’égosille pour trouver des arguments en vue de rallier les militants de son parti, puis les Ivoiriens à la cause du Président Ouattara. Tant la mayonnaise à du mal à prendre. Et pour cause, contrairement à Laurent Gbagbo dont le pouvoir a été attaqué  par des éléments entrainés dans un pays voisin, Alassane Ouattara fait face à ses propres monstres. Difficile donc de faire avaler un discours qui le victimise. Malgré toute la débauche d’énergie dont il fait montre, il sera difficile à Amadou Soumahoro de faire gober des juvénilités verbales aux Ivoiriens, certes fatigués des mutineries repetitives, mais encore plus vis-à-vis des promesses fallacieuses de l’actuel occupant du palais présidentiel.

Au demeurant, l’injustice que vivent les 8400 soldats se vit à plusieurs égards en Côte d’Ivoire sous Ouattara. Ado Solution, comme il se faisait appeler, n’a pas hésité à conduire ces troupes dont lui seul connait les origines à l’abbatoir pour assouvir sa soif du pouvoir. L’objectif atteint, ils sont royalement laissés pour compte tandis que le bénéficaire et son cercle restreint s’embourgoisent. Le désenchantement des militants du parti au pouvoir trouve ici tout son sens.

Un discours retrograde prononcé en Malinké

D’une pierre deux coups. Amadou Soumahoro est à court d’idée pour expliquer aux Ivoiriens la légitimité des revendications salariales des mutins devenus syndicalistes ainsi que le recours aux deniers publics pour une dette privée contracté par Alassane Ouattara, alors candidat à la présidentielle 2010. Il freine des quatres fers sur ces questions brûlantes pour rentrer dans des débats d’égouts à travers des polémiques puériles. « Il était impossible de porter un boubou sous Gbagbo », s’est-il défendu en langue Malinké de surcroit. Belle preuve de la représentivité nationale du RDR. Si Ouattara s’est servi à un moment sur le répli identitaire et la fibre ethnique pour emballer des militants, ce discours est d’une autre époque. Pis, un tel mode de pensée, propre au RDR, a le mérite de rappeler que ce parti ne peut gagner seul des élections en Côte d’Ivoire en raison de ses relants ethniques.

Par-dessus la mission impossible qui consiste à sauver le soldat Ouattara, ce sont ses probables successeurs qui y laissent le minimum de crédibilité en tentant de justifier l’injustifiable.

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