Politique

Remaniement ministériel en Côte d’Ivoire : Que risquent les ministres PDCI ?

Remaniement ministériel en Côte d’Ivoire : Que risquent les ministres PDCI ?

La nouvelle est tombée ce mercredi 4 juillet en fin d’après-midi. Le chef de l’Etat, Alassane Ouattara a dissout le gouvernement et mis fin aux fonctions du Premier ministre ivoirien. Seulement voilà, le président de la République a reconduit Amadou Gon Coulibaly en vue de former un nouveau gouvernement composé uniquement de personnalités issues uniquement du RHDP et de la société civile. Ainsi une question court les lèvres des ivoiriens : que risquent les ministres PDCI qui sont contre le parti unifié ?

Terminé les tergiversations, le Président Alassane Ouattara ne va travailler qu’avec des personnes qui souscrivent au RHDP, majorité présidentielle qui dirige la Côte d’Ivoire depuis sa prise de fonction. Comme il l’avait annoncé, un remaniement devant l’entourer de cadres issus du RHDP sera nommé dans les prochaines heures ou jours à venir. Pour ce faire, il a déjà nommé un Premier ministre qui n’est autre que M. Amadou Gon Coulibaly, son fidèle compagnon depuis son entrée en politique en Côte d’Ivoire.

L’on pourrait s’interroger sur la nécessité d’un nouveau gouvernement ? Il y a qu’en Côte d’Ivoire, quelques données enregistrées récemment dans la classe politique ont un tout petit peu changé la donne. Le PDCI qui a en tout été un grand soutien du chef de l’État a décidé que celui-ci devait passer la main à un de ses cadres. Ce qui a mis le feu poudre, c’est que le président Ouattara, en fin de son deuxième et dernier mandat présidentiel, a envisagé dans les colonnes de Jeune Afrique, de se représenter à l’élection présidentielle de 2020. Problème, le PDCI estime que c’est plutôt un de ses cadres qui devrait postuler pour le compte du RHDP qui a aidé Ouattara à évincer Laurent Gbagbo du pouvoir.

Le président Ouattara a répondu à cette information en affirmant qu’il n’a jamais pris un tel engagement vis-à-vis du parti fondateur de la Côte d’Ivoire et qu’il faut que le RHDP qui regroupe tous les partis houphouétistes devienne un seul parti au sein duquel le candidat de cet ensemble va être désigné. Refus catégorie du PDCI qui voit là une entourloupe de son partenaire RDR d’Alassane Ouattara.

Pour Konan Dédié, président du PDCI, son parti politique n’adhérera au parti unifié qu’après la présidentielle de 2020, le temps de voir comment le RDR de Ouattara lui retourne l’ascenseur. Face à cette méfiance, le président Ouattara presse tous les mouvements se réclament du RHDP à faire leur congrès d’adhésion au parti unifié auquel cas ils devront quitter son équipe gouvernementale. Le PDCI qui a confirmé son refus d’adhérer maintenant au parti unifié par son récent Bureau politique va donc perdre les posts ministériels qu’il comptait au gouvernement. C’est pour l’évincer de celui-ci que l’équipe anciennement dirigée par Amadou Gon Coulibaly a été déposée.

Ouattara veut-il accélérer la déchirure au sein du PDCI par Adjoumani

Cette décision du chef de l’État va lourdement menacer la cohésion au sein du PDCI. Plusieurs personnalités faites ministres au nom de ce parti ne souhaitent pas quitter leur poste. Adjoumani Kouassi Kobenan, ministre des Ressources Animales et Halieutiques a donc lancé un mouvement baptisé "Sur les traces d'Houphouët-Boigny" hier mardi 3 juillet 2018. Par ce mouvement auquel ont participé quasiment tous les ministres en fonction au gouvernement sous la bannière du PDCI, le message envoyé à Henri Konan Bédié est clair, une nouvelle mouvance au sein de son parti va résister à ses décisions anti-parti unifié.

Cet ensemble de cadres du PDCI continue de travailler à l’adhésion de leur parti originel au parti unifié. Ils ont d’ailleurs l’intention de contester les décisions du dernier bureau politique qui reporte à 2020 le prochain congrès qui va aussi décider du président du parti. Selon nos informations, une action en justice est en préparation pour discuter la légitimité de Bédié à la tête du parti fondé par Houphouet. Une décision de justice favorable aux dissidents accélérait alors l’adhésion du PDCI à ce parti unifié puisque du changement pourrait intervenir à son sommet.

Le ministre Adjoumani Kouassi Kobenan a certes déclaré « Sur les traces d'Houphouët-Boigny ne rame pas à contre-courant des idéaux du Pdci. Nous allons nous opposer à la division du Pdci. Nous allons donner la vraie information", mais dans les faits, c’est bien les décisions anti-RHDP du PDCI qu’il attend combattre.

En ne sortant pas du parti, le ministre Adjoumani et ses camarades se maintiennent le droit de côtoyer les militants du PDCI. D’ailleurs, il a ajouté lors de la présentation de son mouvement : "Nous nous engageons à sensibiliser les bases du Pdci pour adhérer au parti unifié.» Un message qui ne souffre d'aucune clarté sur ses intentions réelles.

Dans ce nouveau gouvernement que va mettre en place le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, il ne serait pas surprenant que des ministres déjà présents dans le précédent, sous la bannière PDCI, y soient reconduits à leurs fonctions. Cela voudrait dire qu’ils ont promis de jouer à fond la carte de la dissidence au PDCI.



avec afrique-sur7.fr

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