Politique

Remaniement en France: De Rugy à l'Ecologie, Maracineanu aux Sports

Remaniement en France: De Rugy à l'Ecologie, Maracineanu aux Sports

Ce sont des remplacements « poste pour poste » qui ont été effectués ce mardi au sein du gouvernement français. François de Rugy, jusqu'ici président de l'Assemblée nationale, remplace Nicolas Hulot. Et l'ancienne nageuse Roxana Maracineanu devient ministre des Sports à la place de Laura Flessel.  

 

Finalement, au sein du gouvernement français, seuls les démissionnaires sont remplacés. Une manière peut-être pour le chef de l'Etat de minimiser l'importance de ce remaniement, exécuté sous la pression, et qui avait remis en cause depuis une semaine sa capacité à maîtriser l'agenda politique. Lui qui se présente depuis son élection comme le « maître des horloges » n'a pas voulu remanier largement à un moment qu'il n'avait pas choisi.

 

François de Rugy (44 ans) récupère donc ce mardi 4 septembre le fauteuil de Nicolas Hulot. Le président de l'Assemblée nationale, ancien adjoint du maire de Nantes, rêvait du poste de ministre de la Transition écologique et solidaire, lui qui fut membre d'Europe écologie-les Verts (EELV) lors du précédent quinquennat.

 

Choix limités

 

Les choix pour remplacer Nicolas Hulot étaient limités. L'option Daniel Cohn-Bendit, qui avait l'avantage de concilier notoriété et poids politique, a été évacuée depuis le dimanche 2 septembre. L'option Ségolène royal, qui avait les mêmes atouts, semble ne pas avoir été envisagée, sûrement parce qu'elle était trop marquée par sa proximité avec François Hollande. Enfin, Laurence Tubiana, directrice de la Fondation européenne pour le climat et  Pascal Canfin, directeur du WWF France, une ONG écologiste, semblaient pouvoir séduire le chef de l'Etat. Il s'agissait de deux personnalités reconnues dans le domaine de l'environnement.

 

Mais, au final, Emmanuel Macron a préféré François de Rugy : un politique, écologiste, qui avait été candidat à la primaire du PS avant de rallier LREM et d'être élu député  sous l'étiquette du parti présidentiel en juin 2017. Ce qui lui avait permis ensuite de devenir président de l'Assemblée nationale.

 

Une ancienne médaillée olympique aux Sports

Par ailleurs, l'ancienne nageuse Roxana Maracineanu est nommée ministre des Sports à la place de Laura Flessel, qui a annoncé son départ dans la matinée, a encore précisé la présidence. Née le 7 mai 1975 en Roumanie, la nageuse Roxana Maracineanu est une ancienne championne du monde du 200 mètres dos mais aussi médaillée olympique à Sydney en 2000. Elle n'est pas une inconnue dans la sphère politique : Edouard Philippe lui avait demandé en juillet 2018 de travailler sur les noyades chez les enfants,

 

Pas de grand chambardement

 

Les ministres que l'on disait fragilisés restent à leur poste : Stéphane Travert à l'Agriculture et François Nyssen à la Culture. Reste maintenant à savoir qui va remplacer François de Rugy au perchoir de l'Assemblée. Richard Ferrand, le chef de file des députés En Marche, serait intéressé.

 

■ Les dossiers qui vont attendre le nouveau ministre de l'Ecologie

 

Tout d'abord, les militants de la ZAD (zone à défendre), à l’emplacement de l’autoroute dédiée au contournement de Strasbourg, vont-ils être évacués ?

 

Au titre des questions épineuses, il y a aussi le projet pharaonique de la Montagne d’or, en Guyane. Un projet qui vise à détruire 1 500 hectares de forêts en bordure de réserves biologiques pour exploiter une mine d’or gigantesque et sur lequel le Président Macron doit rendre son avis ce mois-ci, alors qu’un sondage récent montre que près de 70% de la population guyanaise est contre.

 

Le nucléaire sur la table

 

Et puis, il y a le dossier nucléaire : avec, d’une part le dossier de l’EPR de Flamanville, un gouffre financier, dont le démarrage est sans cesse repoussé, alors qu’EDF préconise la construction de six autres nouveaux EPR.

 

D’autre part, le centre de stockage souterrain à Bure, dans la Meuse, pour lequel l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), déposera sa demande d’autorisation de travaux en 2019, alors que le projet rencontre toujours une forte opposition des habitants.

 

Et que va-t-il se passer pour la plus vieille centrale française, à Fessenheim en Alsace ? La fermeture avait déjà été promise depuis le gouvernement de François Hollande, a priori programmée pour 2018, mais toujours pas réalisée.

Commentaires