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RDC : la candidature de Jean-Pierre Bemba définitivement invalidée

RDC : la candidature de Jean-Pierre Bemba définitivement invalidée

L’ancien chef de guerre, qui a passé dix années en prison à La Haye pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, avait fait un retour triomphal à Kinshasa le 1er août.  

Après plus de onze ans d’absence, il était revenu au pays avec de grandes ambitions présidentielles. La Cour constitutionnelle de République démocratique du Congo (RDC) a définitivement invalidé, lundi 3 septembre, la candidature de l’opposant Jean-Pierre Bemba à l’élection présidentielle du 23 décembre, en raison de sa condamnation pour subornation de témoins prononcée par la Cour pénale internationale (CPI).

« La Cour constitutionnelle siégeant en matière de contentieux de candidature à l’élection présidentielle, après avis du procureur général (...) confirme l’inéligibilité de M. Jean-Pierre Bemba Gombo pour subornation des témoins en recourant à la corruption », a déclaré le président de la chambre.

M. Bemba, président du Mouvement de libération du Congo (MLC), avait saisi la Cour constitutionnelle car la commission électorale nationale indépendante (Céni) avait déclaré sa candidature irrecevable en août. Il avait déposé sa candidature après un retour triomphal à Kinshasa et son acquittement en appel par la Cour pénale internationale (CPI) de sa condamnation à dix-huit ans dans l’affaire principale, celle de crimes de guerre et contre l’humanité.

En mars 2018, il a été condamné à un an de prison et à 300 000 euros d’amende dans une affaire annexe, pour subornation de témoins, par la CPI, qui rendra en appel sa décision le 17 septembre. Pour la Cour constitutionnelle congolaise, « la subornation de témoins est une circonstance aggravante dans l’infraction de corruption » en RDC. « C’est en bon droit que la Céni a conclu à l’inéligibilité de M. Jean-Pierre Bemba ».

« Une décision politique »

Les partisans de M. Bemba, affirment au contraire que la subornation de témoins est différente de la corruption et ne fait pas partie des motifs d’invalidation d’une candidature, selon la loi électorale. « C’est une décision politique pour écarter un adversaire gênant. Le Congo est tombé trop bas, c’est la honte pour la République démocratique du Congo », a réagi auprès de l’Agence France-Presse Eve Bazaiba, secrétaire générale du MLC.

M. Bemba apparaissait parmi les favoris du scrutin, après que le président congolais, Joseph Kabila, eut annoncé, au début d’août, qu'il ne briguerait pas un troisième mandat à la tête du pays. L’ancien chef de guerre, qui a passé dix années en prison à La Haye pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, avait fait un retour triomphal à Kinshasa le 1er août après son acquittement en appel par la CPI.

Juste avant l’annonce de la commission électorale, l’ensemble de l’opposition au président avait lancé un appel à la « mobilisation générale »en accusant « le pouvoir en place » de vouloir « exclure » plusieurs de ses candidats. Au total, six candidats ont été écartés sur les vingt-cinq qui avaient déposé leur dossier. La décision de la commission électorale est susceptible d’appel avant la publication, en septembre, de la liste définitive des candidats.

Outre M. Bemba, la Cour constitutionnelle a jugé « non fondé » le recours de l’ex-premier ministre Adolphe Muzito, un des six candidats invalidés par la Céni. La plus haute instance judiciaire du pays a par contre ordonné à la commission électorale d’annuler sa décision d’écarter de la course à la présidentielle deux autres candidats : l’ex-premier ministre Samy Badibanga et la seule femme candidate, Marie-Josée Ifoku. Tous deux avaient été écartés par la Commission électorale pour « défaut de nationalité[congolaise] d’origine ».

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