Politique

RDC : Kinshasa qualifie de « flagrants mensonges » les accusations du juge Mbuyi

RDC : Kinshasa qualifie de « flagrants mensonges » les accusations du juge Mbuyi

Dans un long témoignage recueilli par Jeune Afrique, le juge Jacques Mbuyi accuse les forces de sécurité congolaises d’avoir essayé de l’éliminer physiquement en 2017. De « flagrants mensonges », selon Alexis Thambwe Mwamba, le garde des Sceaux congolais.

 

Kinshasa n’a pas attendu pour contre-attaquer. Après le témoignage du juge Jacques Mbuyi, victime d’une tentative d’assassinat le 18 juillet 2017 à Lubumbashi, accablant le régime du président Joseph Kabila, Alexis Thambwe Mwamba, ministre congolais de la Justice, a affirmé vendredi 8 juin à Jeune Afrique que ce magistrat « est manipulé ». « On lui fait raconter n’importe quoi pour bénéficier d’un statut de réfugié », a estimé le garde des Sceaux congolais.

 

Jacques Mbuyi  avait été transféré à Johannesburg le 22 juillet 2017 pour des soins, après avoir reçu cinq balles dans l’abdomen à la veille d’une audience en appel dans l’affaire opposant Moïse Katumbi àEmmanouil Stoupis. Jacques Mbuyi dit aujourd’hui craindre pour sa sécurité en cas d’un retour en RDC et espère obtenir le droit d’asile en Afrique du Sud.

Une fois sorti de l’hôpital, le juge a accusé, entre autres, le ministre congolais de la Justice d’avoir essayé d’empêcher, au moment des faits, son transfert à l’étranger alors qu’il était « en train de mourir » à Lubumbashi. Jacques Mbuyi accuse également les membres de la Garde républicaine de l’avoir agressé. De « flagrants mensonges pour des raisons connues de lui seul », lui rétorque Alexis Thambwe Mwamba.

Ce que Kinshasa dit avoir fait pour le juge Mbuyi

« Aussitôt informé de l’agression je suis intervenu pour envoyer à son chevet les services de la chancellerie afin qu’ils prennent ses photos en vue de lui établir un passeport par procédure d’urgence absolue, affirme le ministre. Ce qui a été fait. »

Alors que le juge Mbuyi déplore l’absence de soutien des autorités – « c’est un ami qui a payé les 4 000 dollars de frais d’hospitalisation à Lubumbashi », dit-il, le gouvernement congolais prétend le contraire. « À ma demande, le gouverneur du Haut-Katanga a débloqué les fonds pour son transfert », affirme le ministre Thambwe Mwamba, sans donner davantage de précisions.

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