Politique

RDC : Joseph Kabila sous pression de ses parrains régionaux

RDC : Joseph Kabila sous pression de ses parrains régionaux

Les médiateurs de la région s’efforcent de résoudre la crise politique en République démocratique du Congo, alors que les diplomaties occidentales sont de plus en plus contestées par Kinshasa.

La scène se déroule le 14 février à Kinshasa. Dans une salle climatisée du palais présidentiel, l’ambiance est pesante. Joseph Kabila reçoit le chef d’Etat angolais, Joao Lourenço. Lorsque ce dernier lui demande de déclarer publiquement qu’il ne se représentera pas, le refus est catégorique : « Non, car la Constitution est claire, et je ne la change pas », rétorque froidement le « raïs », titre souvent donné à celui qui règne toujours sur la République démocratique du Congo (RDC) bien que son dernier mandat ait pris fin le 19 décembre 2016. Le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, également à la tête de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), assiste à ce qui semble être un retournement d’alliance.

 

Ce trio s’est constitué pour faciliter la résolution de la crise politique en cours en RDC, censée s’achever avec la tenue d’élections le 23 décembre, et doit se retrouver en avril, pour la troisième fois, à Luanda, la capitale angolaise. C’est l’une des alternatives aux offensives diplomatiques occidentales, accompagnées de sanctions économiques, qui agacent la majorité des pays de la sous-région.

« Cela peut plaire à leur opinion publique, mais ces sanctions entravent notre travail diplomatique et radicalisent les positions », constate un haut responsable de l’Union africaine, à Addis-Abeba. La Belgique, le Vatican, les Etats-Unis ou encore l’Union européenne se sont coupés du régime Kabila par des positions que Kinshasa et ses voisins jugent « humiliantes »« agressives » et « contre-productives »« Avec mes collègues occidentaux, on ne se comprend pas, dit un ambassadeur d’un pays frontalier de la RDC. Leurs stratégies sont indécentes, or il faut du tact, car ce qui se passe ici peut être déterminant pour l’Afrique. »



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