Politique

Procès Hubert Oulaye: 20 ans de prison pour l'ex-ministre?

Procès Hubert Oulaye: 20 ans de prison pour l'ex-ministre?

C'est ce mardi 26 décembre 2017 que l'ancien ministre de la Fonction publique de Laurent Gbagbo, Hubert Oulaye sera fixé définitivement sur son sort avec l'annonce du verdict de son procès à la Cour d'assises du tribunal d'Abidjan-Plateau. Ce procès d'Hubert Oulaye est le deuxième des Assises ouvertes depuis le 11 décembre dernier.

 

 

L’ancien ministre de Laurent Gbagbo, 63 ans, est jugé pour son implication présumée dans le meurtre de militaires de l’Opération de l’Onu en Côte d’Ivoire (Onuci) dans l’ouest du pays en juin 2012. Plus précisément, on le soupçonne d'avoir financé, à hauteur de deux millions de francs Cfa, le groupe armé à l'origine de l'embuscade qui a notamment coûté la vie aux militaires nigériens. Il risque 20 ans d'emprisonnement, s'il est reconnu coupable.

Ancien pilier du régime de Laurent Gbagbo, Hubert Oulaye a confirmé, hier jeudi 21 décembre 2017, à la barre, ses déclarations de mardi dernier.  « La Dst m’accuse d’avoir donné deux millions de francs Cfa  à des intermédiaires, en vue d’acheter des armes à des hommes, pour perpétrer des attaques à l’Puest, alors que je vivais en exil au Ghana,. Mais la Dst est incapable de produire un seul procès-verbal d’audition de ceux qui prétendent avoir reçu de l’argent de mes mains. Comment justifier que la Dst ne produise pas une seule pièce à charge ? Alors question : est-ce que ces actes existent vraiment ? Ma réponse est non, parce que la Dst n’est pas en mesure de présenter des procès-verbaux», démontre-t-il.

Exploitant la note de synthèse qui était à l'origine du clash de mardi, le Parquet général reprend des aveux attribués à deux mercenaires libériens arrêtés et jugés dans leur pays et qui auraient reconnu être impliqués dans l’attaque de Sao (frontière du Liberia) qui a causé la mort de huit civils, de sept Casques bleus et d’un soldat des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci).

Ceux-ci auraient déclaré avoir reçu des « fonds venant d’hommes politiques ivoiriens, dont Hubert Oulaye », par le biais d’un «intermédiaire », Didier Goulia, considéré par l’accusation comme «l’homme de main d’Oulaye dans la zone Ouest ». Ce dernier fut chef de village dans le département de Guiglo, ville natale de l’accusé.

Dans sa déposition, l’ancien ministre nie les faits qui lui sont reprochés, affirmant qu'il recevait de temps à autre au Ghana alors qu'il était en exil. «Quand des gens de ma région venaient nous voir, on échangeait et avant leur départ on leur remettait le transport, qui varie souvent entre 10.000 et 15.000 F cfa», reconnaît l'accusé. 

Il faut noter que les avocats de la défense avaient suspendu leur participation, mardi dernier, en raison d'une note de synthèse de procès-verbal d'audition de deux miliciens libériens  qui accablaient le principal accusé, Hubert Oulaye. Mais, après une médiation du bâtonnier Abbé Yao, tout est rentré dans l'ordre et le procès a pu reprendre.

Libéré début juin 2017, pour raisons médicales, Hubert Oulaye comparaît libre. «J'ai été arrêté illégalement et brutalement par la Dst à la demande de M. Affi N'guessan, deux jours après le congrès de mon parti, le Fpi, à Mama. C'est ça qui est la vérité», avait expliqué ce cadre de l'ex-parti au pouvoir miné par des ''dissensions internes'' depuis 2014.

 

 

 

 

 

Avec Imatin

 

 

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