Politique

Présidentielle / Boni Claverie ressuscite le débat Et/ou: "Je suis inéligible, Ouattara aussi"

Présidentielle / Boni Claverie ressuscite le débat Et/ou:

L’URD (Union républicaine pour la démocratie), le parti d’opposition qu’elle dirige, "exige le report des élections sur une durée à étudier de façon consensuelle", a lancé Mme Boni-Claverie lors d’une conférence de presse.

Danielle Boni Claverie a dénoncé la révision en cours des listes électorales qui, selon elle, laisse présager "une importante fraude" et fait peser de "réelles menaces" sur la présidentielle.

Elle a également critiqué "l’échec du dialogue politique" entre opposition et pouvoir et le fait que "18.000 ex-combattants" armés n’aient pas été réintégrés, "menaçant la paix sociale".



« Il semble qu’il y ait deux Côte d’Ivoire », a ironisé la Présidente de l’URD.
Cette figure de la vie politique ivoirienne s’est en outre prononcée pour
une révision constitutionnelle.


« Dans le débat sur l’article 35, j’ai voulu montrer que, bien sûr, la fonction présidentielle met tous les projecteurs de l’actualité sur le Président Ouattara. Mais nous sommes nombreux en Côte d’Ivoire à ne pas pouvoir nous présenter. Ce fait n’est pas normal. Et c’est cela que je veux dénoncer. La vérité, c’est que le Président Ouattara est inéligible, au même titre que d’autres Ivoiriens dont moi-même. (…) Nous pensons que ce n’est pas un crime de lèse-majesté que d’évoquer l’inéligibilité du Président. Elle doit faire partir d’un débat. Et je sais que je peux peut-être décevoir le pouvoir parce qu’il ne va pas dans cette voie. Mais je pense que les propos que j’ai tenus n’ont rien de provocateur, de déstabilisateur, encore moins d’insurrectionnel. (…) Il n’y a pas de sujet tabou et nous pouvons mener le débat dans le calme, la paix, sans violence verbale, en toute responsabilité », a assuré Mme Boni-Claverie, métisse ivoiro-française.


Face  à ce dilemme, Bony Claverie propose le report des élections sur une durée à étudier de façon consensuelle. L’URD propose la constitution d’une plate-forme transitionnelle avec une feuille de route précise qui aura à mener un certain nombre de réformes pour améliorer le système politique et électoral, notamment amender la Constitution et l’article 35 pour permettre à tout candidat qui le désire de se présenter. Cette plate-forme transitionnelle –j’évite le terme “transition’’, trop lié dans l’imagerie populaire à des coups d’Etat ou des situations insurrectionnelles – devrait avoir comme mission la révision de la Constitution et la reprise de tout le processus électoral », a-t-elle conclu.


Grand favori du scrutin de 2015, le président Ouattara a promis, mardi, des élections totalement apaisées qui permettront de tourner la page.

Toutefois, les détracteurs du président Ivoirien affirment qu’il est inéligible car, affirment-ils, il ne serait pas de père et de mère eux-mêmes ivoiriens.

Voté en 2000, l’article 35 de la Loi fondamentale, stipule ceci:

"Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il n'est rééligible qu'une fois. Le candidat à l'élection présidentielle doit être âgé de quarante ans au moins et de soixante quinze ans au plus. Il doit être ivoirien d'origine, né de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d'origine. Il doit n'avoir jamais renoncé à la nationalité ivoirienne. Il ne doit s'être jamais prévalu d'une autre nationalité. Il doit avoir résidé en Côte d'Ivoire de façon continue pendant cinq années précédant la date des élections et avoir totalisé dix ans de présence effective. L'obligation de résidence indiquée au présent article ne s'applique pas aux membres des représentations diplomatiques et consulaires, aux personnes désignées par l'Etat pour occuper un poste ou accomplir une mission à l'étranger, aux fonctionnaires internationaux et aux exilés politiques. Le candidat à la Présidence de la République doit présenter un état complet de bien-être physique et mental dûment constaté par un collège de trois médecins désignés par le Conseil constitutionnel sur une liste proposée par le Conseil de l'Ordre des Médecins. Ces trois médecins doivent prêter serment devant le Conseil constitutionnel. Il doit être de bonne moralité et d'une grande probité. Il doit déclarer son patrimoine et en justifier l'origine."  

Du côté du pouvoir, on estime que M. Ouattara "ayant exercé la fonction présidentielle, il est rééligible de plein droit".

Emprisonnée durant plusieurs mois à l’issue de la crise postélectorale puis remise en liberté, Danièle Boni-Claverie était la ministre de la Femme dans le dernier gouvernement Gbagbo (décembre 2010-avril 2011).



K.O 

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