Politique

Présidentielle au Cameroun – Garga Haman Adji : « La crise anglophone n’est pas un problème insoluble »

Présidentielle au Cameroun – Garga Haman Adji : « La crise anglophone n’est pas un problème insoluble »

Candidat pour la troisième fois consécutive, Garga Haman Adji, le président de l’Alliance pour la démocratie et le développement (ADD), présente ses ambitions pour le Cameroun et son programme pour ramener la paix dans les régions anglophones.

À 74 ans, les ambitions de Garga Haman Adji pour l’accession à la magistrature suprême le 7 octobre prochain n’ont pas pris de rides. Bien au contraire, le natif de Maroua n’hésite pas à railler ses adversaires de l’opposition, notamment les plus jeunes. « Le candidat que je suis, c’est un candidat multidimensionnel, à la différence des autres qui n’ont qu’une seule expérience », affirme aujourd’hui l’ex-ministre de la Fonction publique, démissionnaire du gouvernement en 1992, et ancien administrateur civil à l’École nationale d’administration et de la magistrature du Cameroun.

Candidat pour la troisième fois, après des échecs en 2004 et en 2011, Garga Haman Adji veut s’ériger cette fois en candidat de la « compétence » et de « l’expérience ». Il s’est ouvert à Jeune Afrique, juste avant le début de sa tournée de campagne.

Jeune Afrique : Votre parti a claqué la porte de la concertation entre Elecam, l’organe chargé d’organiser les élections, et les acteurs du processus électoral, le 6 septembre dernier. Que s’est-il passé ?

Garga Haman Adji : Le secrétaire général de mon parti, que j’avais envoyé sur place, m’a indiqué par téléphone que des personnes se chamaillaient dans la salle. Les partis qui soutiennent le président et les autres partis présents ne s’entendaient pas sur le code de bonne conduite à adopter. On nous demande pourtant de respecter la loi, de la même manière qu’il faut respecter les candidats. Personne ne peut ignorer cela et cette agitation a montré que certains candidats étaient sous-estimés. J’ai donc demandé au secrétaire général de mon parti de rentrer, comme les autres acteurs présents ne s’entendaient pas.

Les questions sécuritaires constituent la thématique centrale de cette élection. Que proposez-vous pour ramener la paix dans les régions anglophones ?

La crise anglophone n’est pas un problème insoluble. C’est une question de confiance. Si les populations vous font confiance, elles vous éliront et déposeront ensuite les armes. Mais si ce n’est pas le cas, elles poursuivront le conflit. Des frères qui s’affrontent, je ne pense pas que ce soit bon le chemin à suivre. C’est une bataille stupide.

 

Notre programme politique prévoit la création de quatre régions. Les anglophones réclament deux étoiles sur le drapeau, correspondant à deux États, mais nous leur proposons quatre étoiles. Ce n’est évidemment pas la question centrale – le nombre d’étoiles sur notre drapeau ne va pas augmenter le développement du Cameroun -, c’est avant tout un symbole.

Au final, êtes-vous plutôt favorable au fédéralisme ou pour la décentralisation ?

Le fédéralisme est une forme de décentralisation. C’est la même chose. Dans mon programme, j’ai pensé à des régions déconnectées du gouvernement central. Ce qui n’est pas le cas actuellement. On parle de décentralisation, mais le ministère qui s’en occupe s’accroche aux compétences des collectivités locales. Nous voulons abolir cette situation que décrivent notamment nos frères anglophones.

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