Politique

Présidentielle 2020/ Vers une alliance Bédié-Soro

Présidentielle 2020/ Vers une alliance Bédié-Soro

La récente sortie médiatique d’Henri Konan Bédié et le bouillonnent du marigot politique ivoirien laisse entrevoir un tout sauf Alassane Ouattara et le RDR à la présidentielle 2020.

Le Sphinx veut renaître de ses cendres

Ne pas se fier à l’allure débonnaire d’Henri Konan Bédié (83 ans). Met en garde le confrère de Jeune Afrique dans sa livraison du 18 au 24 juin 2017. Parution dans laquelle le Sphinx de Daoukro a accordé un entretien aux relents électoralistes. Par-dessus le soutien apporté à Guillaume Soro, l’homme à abattre des successeurs de Ouattara, il faut y déceler une main tendue au président de l’Assemblée nationale. Et pour cause, Henri Konan Bédié, ex-président, faiseur de roi prépare une riposte graduée à la hauteur de la trahison du RDR d’Alassane Ouattara. En effet, Bédié a joué de tout son poids pour l’accession d’Alassane Ouattara au pouvoir d’Etat en 2010-2011. Par ailleurs, il a eu le courage politique de sacrifier sa formation politique à la présidentielle 2015 sur l’autel d’une candidature unique de Ouattara à travers l’appel de Daoukro du 17 septembre 2014. En retour, le président à vie du PDCI est vilipendé. Les sofas du PDCI remettent en cause le second volet de l’appel de Daoukro aux allures d’accord politique : l’alternance au sommet de l’Etat en faveur du PDCI. Digne de ses 71 années d’existence, le premier parti politique ivoirien sait poser ses pas. Ne point s’inscrire dans l’escalade verbale et tenir au contraire un discours élogieux à l’égard de Ouattara jusqu’en 2020 avant de lui porter l’estocade. Tel semble être le mot d’ordre au PDCI. Pendant ce temps, le président incontesté et incontestable, Henri Konan Bédié réorganise son équipe. Redécoupage des délégations départementales, vaste mouvement de pardon aux irréductibles et autres frondeurs, il met les bouchées doubles pour donner un souffle nouveau à sa formation politique pour tenir la dragée haute à Alassane Ouattara.

L’alliance avec Soro

Il est clair que le procès en sorcellerie contre Guillaume Soro bat son plein. Considéré comme le bouc émissaire, le régime d’Abidjan veut lui faire porter tous les chapeaux. Ainsi il n’a point réagi suite aux invectives de Marwane Ben Yahmed, directeur de publication de Jeune Afrique qui accuse la quatrième personnalité de la Côte d’Ivoire de vendeur d’armes. Et lorsqu’Alphonse Soro, Conseiller en charge du Travail et du Dialogue Social à la Primature qualifie ces propos de provocateurs, il est contraint à la démission. Face à cette cabale contre Soro, Bédié, conscient de l’assise politique de ce dernier veut le mettre dans son escarcelle. L’essentiel étant de demeurer dans le système. Etablir un contrat politique nouveau avec Soro, déjà engagé pour une réconciliation effective impliquant le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo. Soro pourrait accepter un poste de vice-président au profit du candidat de Bédié. « Soro n’est pas intéressé par 2020, il me l’a dit », « Mon protégé n’est pas pressé », ces propos de Bédié pourraient se comprendre ainsi.

En somme, il est temps pour le RDR d’Alassane Ouattara de payer le prix de sa trahison vis-à-vis de Bédié et de Soro. Le tout sauf Ouattara semble en marche.

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