Politique

Présidentielle 2020, mutineries, Ouattara/ Soro fait de grosses révélations

Présidentielle 2020, mutineries, Ouattara/ Soro fait de grosses révélations

Dans un entretien accordé au confrère américain Bloomberg, dimanche 28 mai 2017, Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale dit tout sur sa relation avec le Président Ouattara, les mutineries du mois de mai ainsi que son ambition présidentialiste.

« Quand on me dit que je suis impatient, je suis choqué. Entre Emmanuel Macron, qui est président de la France à l'âge de 39 ans, et moi-même, qui a 45 ans et pas encore président, qui est impatient ? J'ai commencé mon engagement politique et syndical en 1991. », a précisé Guillaume Soro à l’égard de ses détracteurs qui voient en son âge un handicap pour briguer la magistrature suprême.

En ce qui relève de la dernière mutinerie du contingent des 8400 ex-rebelles, le président de l’Assemblée nationale révèle le déshonneur qui a éclaboussé le gouvernement durant cette défiance de l’autorité étatique. « C’est une humiliation pour nous, l’Etat, le Président, moi-même et les institutions. Nous sommes méprisés. », a-t-il affirmé non sans ajouter que le chef de l’Etat a été choqué. « Il n’était pas content du tout », a-t-il ajouté. Pour Soro, les demandes des soldats n'étaient pas légitimes.

A ceux qui voient sa main derrière ces mutineries répétitives, Soro n’y est pas allé du dos de la cuillère pour dire ses vérités. « Je ne suis pas une personne qui peut poignarder dans le dos. J'ai toujours démontré ma loyauté envers le président Ouattara. », a-t-il rappelé. Il n’empêche que l’ex-Premier ministre et ministre de la défense jusqu’en 2012 n’endosse pas la responsabilité de cette indiscipline de l’armée. « Même si j'avais laissé une armée mal disciplinée, des choses auraient pu être faites au cours des cinq dernières années pour améliorer. Les causes doivent être trouvées dans la vie quotidienne des soldats. », a-t-il déclaré.

Leader charismatique de la jeunesse estudiantine en 1991, Guillaume Soro gravit les échelons pour être Ministre de la Communication, Premier ministre, puis président de l’Assemblée nationale. Toutefois la parenthèse de la rébellion ivoirienne dont il fut le Secrétaire général lui colle à la peau. Une position que nombre d’Ivoiriens ne lui pardonnent pas. Selon Arthur Banga, historien de l'Université Felix Houphouet-Boigny (Abidjan), Guillaume Soro multiplie les opérations de charme pour reconquérir le cœur des Ivoiriens à l’aune de la présidentielle 2020. « Il a travaillé pour se revérifier comme un homme d'Etat et il essaie aussi de faire la paix avec ceux qui ne le pardonnent pas pour la rébellion. Il construit son image pour devenir le président de la Côte d'Ivoire », a-t-il déclaré.

 

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