Politique

Présidentielle 2020/ Dans la tête de Bédié (Intégralité)

Présidentielle 2020/ Dans la tête de Bédié (Intégralité)

Avec ou sans son allié du RHDP, le PDCI a toutes les chances de remporter la présidentielle 2020. Son président Henri Konan Bédié le sait. Ce qui explique ses récentes positions tranchées. Voici les chances du parti de Félix Houphouët Boigny de revenir au pouvoir d’Etat.

Réaménagements techniques, pardon général aux visées électoralistes, riposte graduée à la hauteur des sorties musclées des sofas du RDR ainsi que de la tergiversation du parti au pouvoir sur la question du parti unifié, Henri Konan Bédié est plus que confiant sur les chances de sa formation politique de reprendre le palais présidentiel.

Le ticket Yasmina-KKB

Yasmina Ouégnin, député de Cocody et Kouadio Konan Bertin (KKB), ex-député de Port-Bouet et candidat à la présidentielle 2015 ont tous deux une stature nationale qui leur confère l’étoffe nécessaire pour prétendre à la magistrature suprême. Yasmina, symbole du refus de la pensée unique, est adulée par la société civile. L’affection que les Ivoiriens vouent à son père, ex-chef du protocole du Président Houphouet Boigny en raison de sa loyauté et de son humilité, y est également pour quelque chose. Elle engrange de la popularité au sein de ceux qui ne supportent plus le diktat de Bédié, président à vie du parti, symbole de l’immobilisme gérontocratique. De même, la ravissante dame ratisse large dans l’opposition significative notamment au FPI. La récente visite du député Youté, son émissaire, le 15 juin dernier, dénote de l’embellie que connaissent les relations entre celle qui incarne le renouveau au PDCI et le digne héritier naturel de Gbagbo, Charles Blé Goudé. Du reste, son suppléant dans la commune de Cocody, Koudougnon Philibert, est issu du FPI.

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Yasmina Ouégnin, présidente en 2020

« Je suis un Gbagbo ou rien. Mon Président Gbagbo et le ministre Charles Blé Goudé en prison, si Yasmina Ouégnin est candidate en 2020, je la vote les yeux fermés. », lançait un partisan de Gbagbo lors des dernières législatives. A juste titre car Yasmina, dans l’imagerie populaire ivoirienne, c’est celle qui a fait mordre la poussière au RHDP à elle toute seule à Cocody. Elle incarne la neutralité après la parenthèse de sang et de larmes, le redressement de la justice et le renouveau pour l’émergence d’une nouvelle classe politique.

Yasmina comme Moise

Certains Ivoiriens n’hésitent plus à établir une comparaison entre la benjamine de la famille Ouégnin et Moïse, l’un des personnages les plus importants de la Bible hébraïque. Pour ces détracteurs du pouvoir d’Abidjan, à l’instar du prophète Moïse, Yasmina Ouégnin a côtoyé le roi Ouattara. Désormais, elle sortira le peuple ivoirien de la servitude, suite au règne sans partage dudit roi pour le conduire à sa libération.

 

Yasmina comme Macron

C’est la tendance, diront certains. Tous les politiques s’identifient aujourd’hui à l’actuel Président français Emmanuel Macron. Par-dessus cette comparaison, les peuples français et ivoiriens partagent cette lassitude de leur classe politique vieillissante et appellent à l’émergence d’une nouvelle classe sociale marquée par la jeunesse. Ce qui explique l’explosion des clivages ethniques. A l’instar de Macron (39 ans), Yasmina Ouégnin (38 ans) pourrait briser le clivage RHDP-FPI. Pour rappel, le Parti socialiste et la Droite républicaine qui se partageaient le pouvoir d’Etat en France depuis la 5ème République ont dû faire bloc autour de la candidature de Macron au second tour de la présidentielle pour faire barrage au Front national. De même, le choix de Yasmina Ouégnin pourrait être un vote sanction à l’endroit de l’actuelle classe politique ivoirienne et ses protagonistes de la crise militaro-politique de 2002 à 2011.

Aux cerveaux juvéniles occidentaux feront alors face des cerveaux juvéniles africains. Le peuple ivoirien mettra par le choix de Yasmina la vieille garde à la retraite. Allassane Ouattara (75 ans), Henri Konan Bédié (83 ans), Laurent Gbagbo (72 ans). A l’image du mouvement de Macron crée en avril 2016, celui de Yasmina est bel et bien en marche dans la sobriété et le silence. C’est Henri Konan Bédié et le PDCI qui gagnent.

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KKB, le frère de Blé Goudé

« On a voté le frère de Blé Goudé », indiquait un proche dans un village de Duékoué à la faveur de la présidentielle 2015. Des consultations dont Kouadio Konan Bertin (49 ans) sans étiquette politique, avait remporté la troisième place après le Président Ouattara et Affi N’guessan de l’autre tendance du FPI. Il est certain qu’avec l’appareil du PDCI et l’onction du Président Bédié, il va monter d’un cran. Outre sa famille politique, KKB a les faveurs d’une frange de l’opposition en raison de son amitié avec Blé Goudé dont il partage le langage de vérité. L’axe FPI-PDCI au beau fixe sous le prisme de l’avènement d’une nouvelle classe politique, cela fait l’affaire de Bédié. L’entente cordiale entre KKB et Blé Goudé Charles pourrait déboucher sur une procuration du second voire de Gbagbo à voter le PDCI en 2020 pour faire barrage au RDR d’Alassane Ouattara. Et le bouillant KKB (49 ans) serait bien dans le fauteuil de président de l’Assemblée nationale comme Bédié à 46 ans.

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Soro, vice-président

« L’accord entre Ouattara et Soro ne porte pas sur la présidentielle de 2020. Il porte sur celle de 2030. Guillaume Soro n’est pas excessivement ambitieux, il n’est pas intéressé par les élections de 2020. Il me l’a dit. Il est jeune et a le temps d’attendre. Il est bien là où il est. Il est président de l’Assemblée nationale, ce qui est une très bonne position. », dixit Henri Konan Bédié à l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique. « En 2020, le candidat du RHDP sera issu de mon parti », martèle-t-il. Cette sortie de Bédié se passe de commentaire sur sa volonté de reprendre le palais présidentiel d’Abidjan. Dans la vision de Bédié, Guillaume Soro, qu’il qualifie de protégé à qui il fait confiance, reste dans le système. Au-delà de cette attitude infantilisante pour Soro, le soutien de Bédié arrive à point nommé face à la cabale que celui essuie. Ainsi, ce protégé, au parcours atypique, pourrait bien accepter le fauteuil de vice-président pourvu qu’il reste dans le système et affute ses armes pour 2030 comme le dit Bédié. Fort de son aura, de son poids politique et de son influence dans l’armée ivoirienne, Soro pourrait être le garant de la stabilité du pouvoir PDCI en 2020. Ce qui l’érigerait à son tour en faiseur de roi comme son mentor Bédié.

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Vers le retour de Tidjane Thiam !

De tout temps, le retour de Tidjane Thiam (55 ans) est attendu dans son pays en vue de contribuer à son développement. Le banquier que la France regrette d’avoir laissé partir figure au nombre des éminences grises du nouveau Président français, son ancien collègue à la banque Rothschild. Du coup, certains au PDCI voient le retour de l’actuel directeur général du Crédit suisse d’un bon œil surtout après les exploits qu’il a réalisés à travers le monde. C’est hélas là que le bât blesse. Il sera difficile pour l’africain le plus influent du monde en 2015 devant de grands noms d’hommes d’affaires et de milliardaires africains tels que le nigérian Aliko Dangote ou le soudanais Mohammed Ibrahim selon l’agence Bloomberg de descendre de son piédestal. En effet, Tidjane Thiam, directeur du Bureau national d’études techniques et de développement (BNEDT) en 1994 était ministre de la Planification en Côte d’Ivoire sous Bédié en 1998 jusqu’au douloureux coup d’Etat du 24 décembre 1999. Puis, le contraste est éloquent entre la descente aux enfers de la Côte d’Ivoire à partir de ce coup d’Etat et l’ascension fulgurante de cet expert de la finance dont le mérite est reconnu mondialement. Difficile, il le sera donc pour le tout premier ivoirien de l’école Polytechnique de France aux commandes de l’une des plus influentes institutions financières du monde de remettre le pied dans le bourbier ivoirien. A moins que Bédié, le faiseur de roi ne lui en donne les garanties.

En somme, Yasmina Ouégnin, KKB, Tidjane Thiam et bien d’autres ainsi qu’une alliance avec Guillaume Soro, les chances du PDCI de revenir au pouvoir d’Etat sont intactes.

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