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Politique- Après ses deux premiers collaborateurs, un autre proche de Banny sous les barreaux!

Politique- Après ses deux premiers collaborateurs, un autre proche de Banny sous les barreaux!

Un second proche de l’ex-Premier ministre ivoirien Charles Konan Banny, candidat à l’investiture de son parti pour la présidentielle de 2015, a été arrêté lundi soir par la police économique, nous a indiqué son avocate ce matin.

Arthur Aloco, ancien dirigeant d’une agence publique ivoirienne, accusé de "blanchiment de capitaux" pour un montant de 500 millions de francs CFA (environ 763.000 euros), a été placé en garde à vue lundi vers 22H00 (locale et GMT), après dix heures d’audition, a déclaré Jessica Nanou Waota, son
avocate.

"Il a produit tous les documents pour se justifier. Mais pour eux ses justifications ne sont pas suffisantes", a expliqué Me Nanou Waota, ajoutant que son client serait déféré au parquet d’Abidjan mardi.

Un premier proche de M. Banny avait été convoqué vendredi et placé en détention pour un autre crime économique présumé.

Ces deux hommes ont ouvertement soutenu Charles Konan Banny, ancien Premier ministre (2006-2007), qui a transgressé les consignes de l’ex-chef de l’Etat Henri Konan Bédié (1993-1999), le patron du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, majorité), en se déclarant le 10 décembre candidat à l’investiture de cette formation pour la future présidentielle.

M. Bédié, partenaire-clé du président ivoirien Alassane Ouattara, qui avait permis en 2010 l’élection de ce dernier face au sortant Laurent Gbagbo à la faveur d’une alliance de second tour, a déjà appelé à trois reprises à voter Ouattara, le grand favori du scrutin d’octobre 2015.

L’épouse d’Arthur Aloco, également convoquée, n’a pu se rendre à la police économique car elle était hospitalisée, selon Me Nanou Waota.

Un ancien conseiller spécial de M. Banny, actuellement cadre d’une banque, doit aussi être entendu, a déclaré Franck Sran Kouassi, un porte-parole de Charles Konan Banny.

Une source policière a confirmé ces convocations, sans plus de précisions.

"Le but de tout cela, c’est que M. Banny n’aille pas plus loin en 2015. Personne n’est dupe", a affirmé M. Kouassi, qui a qualifié le procédé de "mascarade" "grotesque".

Le PDCI se déchire autour de la présence d’un des siens au scrutin de 2015, qualifié de crucial pour l’ancrage de la paix et de la réconciliation dans le pays.

La Côte d’Ivoire sort d’une décennie de crise politico-militaire, qui a culminé avec les violences postélectorales de 2010-2011. Plus de 3.000 personnes étaient mortes en cinq mois après la présidentielle de décembre 2010.

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