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Politique- Procès des Pro-Gbagbo/ Un gendarme enfonce Tondé

Politique- Procès des Pro-Gbagbo/ Un gendarme enfonce Tondé

Deux accusés ont comparu ce jour à la barre à l'occasion du procès des pro-Gbagbo qui a démarré depuis plus de deux semaines aux assises du tribunal de première instance du Plateau.

Il s'agissait de Tondé Bonfils dit Vieux Guéré ou vieux marin et de Tanoh Kouassi Emmanuel alias Djeck qui auraient commis des exactions sur les populations pendant la crise et auraient assassiné des individus au domicile d'un capitaine de la gendarmerie du nom de Yao Kouamé.

Comme il fallait s'y attendre les deux accusés ont nié en bloc les faits qui leurs sont reproché.

"Monsieur le président, pendant la crise, j’étais en mer. Je travaille pour une société martine où je suis cuisinier. Je suis rentré en mars et je ne suis pas sorti de ma maison jusqu’à la fin de la crise," s’est défendu Tondé Bonfils.

Contrairement à l'audience d'hier, des témoins étaient présents aujourd'hui au procès, comme c'était le cas du commandant Yao, qui au moment des faits avait le grade de capitaine.

A la barre, ce dernier a expliqué que pendant la crise, il était en fonction à Aboisso. L’adjudant de police à la retraite, Gamé-Bi Irié Nestor qui était le chef de sécurité du quartier l’a joint pour lui dire que selon la rumeur au quartier, il y a des mercenaires et des armes chez lui. Et qu’il souhaiterait que je lui autorise la fouille de ma résidence pour mettre fin à cette rumeur.

"Je n’ai pas compris et j’ai autorisé. C’était une mission de repérage pour ensuite venir commettre leur sale besogne. Le 9 avril 2011, mon petit frère qui est également gendarme m’a informé qu’il a appris que des gendarmes allaient attaquer mon domicile. J’ai joint le chef de sécurité pour lui faire part de cela. Il m'a rassuré qu’il n’y aura rien. Mais il m’a dit que la tension monte au quartier. Le même soir, les miliciens ont attaqué ma maison où ils ont tué 4 personnes, pillé tout la maison avant de l’incendier sous prétexte que j’étais RHDP," a ajouté le commandant de la gendarmerie.

Bien qu'absent au moment des faits qui se sont produits au quartier Accademie de Yopougon, Yao Kouamé affirme que l'accusé Tondé Bonfils était bel et bien au quartier pendant la crise et hébergeait des miliciens. 

"C’est lui qui hébergeait tous les miliciens et leur distribuait les armes de guerre. Son fils qui était aussi milicien a même été tué dans les combats. Il ne peut pas démentir cela. Tout le monde sait qu’il tenait des réunions avec les miliciens et ils ont exterminé des personnes chez moi," a martelé le gendarme.

"Un jour des miliciens sont arrivés dans notre cours. Ils ont exigé que tout le monde sorte des maisons. Après ils nous ont conduit dehors où était stationné leur voiture. J’ai reconnu dans le groupe le Vieux Tondé. C’est son fils qui était au volant de la voiture. J’ai profité d’un moment d’inattention pour fuir. J’ai pris des risques et j’ai échappé à la mort. Puisque les 8 autres personnes qui étaient avec moi ont été toutes tuées," a raconté un autre témoin.

Selon les témoins le second accusé Tanoh régnait en maitre absolu dans le village de Lokoi avec la complicité des chefs.

"Un jour, il est venu chez moi en compagnie de jeunes armés. Ils ont dit de faire ma dernière prière parce qu’ils sont venu pour m’abattre. J’ai demandé qu’il me donne un temps pour aller porter un pantalon dans la chambre. Pendant que j’étais dans la chambre, ils ont fracturé la porte et Djeck a pointé son pistolet sur ma tête. Il a actionné la gâchette à deux reprises, mais l’arme ne sait pas allumé," a expliqué le témoin Koné Saidou.

Alors qu'il est poursuivi par le tribunal pour des faits de constitution de bandes armées, l'accusé a reconnu que sydicaliste de son état, il aime la bagarre.

"Je suis un homme choc. Et pendant la crise on surveillait notre quartier avec des machettes et des gourdins," a-t-il conclu, toutefois clamant son innocence.

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